‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 183 sur 468 · Symbol., p. 218, n. i ; p. 211, n · texte numérisé non relu

Symbol., p. 218, n. i ; p. 211, n

l'âme, qui abandonnait progressivement le cadavre. Aux jours critiques où ils exerçaient une influence plus active sur cette dissociation, les Syriens offraient des sacrifices sur les tombeaux et la triple commémoration des trépassés dans l'Eglise byzantine a pour origine première ces offrandes des cultes sidéraux * .

C'était aussi une opinion très répandue, et qui a survécu dans le folklore européen, que chaque homme a son étoile au ciel^. Elle est éclatante, s'il a un sort brillant ; pâle, s'il est de condition modeste. Elle s'allume à sa naissance, et à sa mort elle tombe, La chute d'une étoile filante indique donc un décès. Cette idée vulgaire était courante dans l'antiquité. Pline l'a rapporte en lui déniant toute vérité *, et elle est encore combattue au V^ siècle, par Eusèbe d'Alexandrie^ : « Il n'y avait donc que deux étoiles au temps d'Adam et d'Eve, interroge l'évêque, et huit après le déluge, quand Noé et sept autres personnes furent sauvés dans l'arche » ? Les formules des épitaphes et l'usage même de la langue indiquent combien était triviale la croyance que chacun naissait, comme nous le disons encore, sous une bonne ou mauvaise, étoile. AstnosiÂs en latin est l'équivalent de notre « malchanceux » ^ Cette doctrine d'une astrologie rudimentaire fut incorporée dans le système de la généthlialogie savante. Bien que celle-ci attribuât aux planètes et aux signes du zodiaque une influence prédominante, elle enseignait aussi, comme le vou,lait l'opinion populaire, que chacune des étoiles les plus brillantes (Àa[j.Tïpol àa'T£peç),si elle était dans une position favorable, assurait au nouveau-né richesse, puissance et gloire .

Une autre croyance largement admise à travers le monde était celle que les esprits des morts allaient habiter la lune ^ . En Orient, elle conserva une forme grossière, qui remonte certainement à un paganisme très primitif. Nous la trouvons dans l'Inde comme dans le manichéisme, né en Mésopotamie au lil^ siècle, mais qui admit dans ses spéculations souvent extravagantes beaucoup d'anciennes traditions. Tous ceux qui abandonnent cette

1. C. R. acad. inscr., 1918, p. 278 ss. Cf. Freistedt, Altchristl. Gedâchnisstage tind ihre Beziehung zum J enseitsglauben der Antike, 1928. Cf. sufra, ch. I, p. 28.

2. Capelle, o-p. cit., p. 19 ss.; Mani «né sous une étoile brillante dans la race des maîtres » : Scheftelowitz, Entstehung der Mani-Religîon, Giessen, 1926, p. 15.

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