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CHAPITRE III. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE

où se meuvent les esprits des morts prit une force nouvelle et une signification plus profond,e lorsque fut admise la doctrine de l!immortalité astrale ; car l'atmosphère, que les âmes devront nécessairement franchir pour atteindre les sphères célestes, ne sera plus pour elles qu'un séjour transitoire, un lieu de passage jusqu'à l'astre le plus proche de notre globe, la lune.

Pour les Pythagoriciens l'espace compris entre la terre et la lune est « rempli d'âmes » \ Il est constamment parcouru par le va et vient d'une foule d'entre elles, dont les unes descendent ici-bas, saisies du désir de s'incarner dans un corps, d'autres, le cycle de leurs épreuves terrestres révolu, remontent vers les sphères supérieures. Ces philosophes enseignaient, — comme l'avait fait déjà le mazdéisme — que les Vents, conçus comme des divinités, peuvent favoriser ou contrarier l'ascension des esprits des morts et, en les secouant dans leurs tourbillons, les châtier et les alléger du poids de leurs fautes 2'. Ou encore ils admettaient qu'un dieu psychopompe conduisait ces âmes vers leur demeure céleste et les protégeait contre les attaques des démons aériens qui tentaient de s'opposer à leur vol'. Nious aurons à reparler de ces idées mythologiques à propos des peines des Enfers *, car pour les défenseurs de l'immortalité céleste, ces inferi sont la zone inférieure du monde, remplie du trouble des éléments, qui s'étend à proximité de notre terre, et oii les éîd'ôla restent exposés à de cruels tourments.

Les Pythagoriciens admirent qu'après avoir été purifiées dans les airs, les âmes allaient se fixer dans la lune. A la question : « Que sont les îles des Bienheureux ? » la doctrine orthodoxe de la secte, nous l'avons vu (p. 146) répondait : « le soleil et la lune » ^. Ces astres étaient pour eux des îles mouvantes baignées dans un fluide lumineux, que leur révolution rapide faisait bruire autour d'elles. Ces penseurs, qui agitèrent toutes les hypothèses scientifiques, admettaient la pluralité des mondes, opinion que Fontenelle défendait encore en 1686, non sans ingéniosité. Les astres étaient d'autres terres, entourées d'air, qui roulaient dans l'éther infini. La lune en particulier devenait la « terre éthérée », la « terre olympique >> s, et c'était là que se trouvaient

I. Diogène Laërce, VIII, 32 : ETvai uâvra tôv àspa i|/u)(^â)v è[ji.-j:).swv. Cf. A. Delatte, Vie de Pythagore, 1922, p. 129, n. 12, p. 226 ss.

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