I. Symbol., p. 192 ss
2. Lucain, IX, 5 ss. : « Qua niger astriferis oonectitur axibus aer, / quodque patet terras inter lunaeque meatus, / semidei Mânes habitant, quos ignea virtus / innocuos vita patientes aetheris imi / fecit et aeternos animam collegit in orbes ». Dans un système religieux de zones cosmiques, qui paraît avoir pénétré chez les Etrusques, entre la lune et la terre habitent, dans la partie supérieure, les demi-adieux {hemithei), dans la partie inférieure les héros ; cf. St. \Veinslx>ck, J. R. S. 1946, XXXVI, p. 104 ss.
3. Pline, Paneg., 89, 2 « Si non sidéra, proximam tamen sideribus obtines sedem»; cf. Fragm., Stoic, 817, Arnim.
4. Julien, Césars, 307 G. La révolution de la lune qu'ils accompagnent, les soutient eu vertu de la force centrifuge.
5 Ocellus Lucanus, II, 2 « 'Iar9p.oçà0ava(Tt'ai;xa'. Y^vÉereiuç. Ci. Symbol. y^. 194s. ; Immisch, ^gatharchidea, p. 73 ; Rougier, op. eit. {supra, p. 143, n. i], p. 34.
les ténèbres, la sérénité et le trouble, la paix et. la guerre, la constance et la mutabilité, la vérité et l'erreur, la félicité et la misère qui régnent dans le séjour des dieux et dans l'Tiabitat des humains où pénètrent les âmes descendant ici-bas dès qu'elles ont franchi le cercle de la lune.
Le croissant, nous le rappelions plus haut (p. 173), apparaît souvent sur les monuments funéraires de l'époque romaine, soit isolément, soit associé à divers symboles et, en Afrique comme chez les Celtes, il exprime discrètement de vieilles croyances indigènes, qu'il est difficile de définir exactement. Cet emblème n'est figuré sur les épitaphes de Rome et de l'Italie que très exceptionnellement '. Toutefois certaines œuvres de la sculpture y révèlent, plus clairement que les emblèmes astraux, quelle était dans les classes aisées — celles qui pouvaient s'offrir de tels marbres — la diffusion de la croyance à l'iimmortalitô lunaire. Pour ne citer qu'un exemple particulièrement révélateur, un bas-relief romain du Musée de Copenhague nous montre les bustes accolés d'un frère el d'une sœur, et l'effigie de la fillette est posée sur un large croissant et entourée de sept étoiles, images des planètes^. Ce motif fait évidemment allusion à la croyance que la lune est le séjour des âmes innocentes, comme celle de cette enfant inconnue ^
Dans ce qui précède nous avons constaté comment la philosophie et la physique sont intervenues pour transformer la vieille croyance à l'ascension des âmes vers la lune. L'action de théories qui prétendaient expliquer le système du monde est plus sensible encore dans les autres doctrines de l'immortalité astrale. Ce fut cette alliance qui leur donna la force de s'imposer aux esprits cultivés. Par leur accord avec la science du temps elles satisfaisaient en même temps la raison et la foi. Seulement, comme toute cette eschatologie reposait en réalité sur une cosmographie erronée, son sort se trouva ,lié à celui d'une conception fausse de l'univers, et elle s'écroula avec celle-ci.
La première de ces doctrines nous paraît la plus raisonnable, parce qu'elle se fonde sur le rôle primordial du soleil dans notre monde planétaire. Sa source lointaine doit être cherchée en Orient ; elle naquit après que les prêtres « chaldéens », dépouillant la lune de la prééminence qu'ils lui attribuaient à l'origine, reconnurent l'importance sans égale de l'astre du jour dans le cosmos. Ces théologiens astronomes tirèrent de leur constatatipn un système où il y