CHAPITRE III. — L'IMMORTALITÉ CÉLESTE
a comme une anticipation de la gravitation universelle, et qui devait séduire à la fois par sa grandeur et par sa logique. Il se répandit dans le monde au ir- et au l^r siècle avant notre ère, et certains indices montrent que les Pythagoriciens, fort adonnés à l'astrologie, furent parmi les premiers à l'adopter 1. Certainement il fut connu de Posidonius, et sans doute les écrits de celui-ci contribuèrent-ils à lui assurer une large diffusion 2.
Le soleil, au quatrième rang, c'est-à-dire au milieu de la série « chaldéenne » des planètes ^, ainsi qu'un roi entouré de ses gardes, attire et repousse alternativement, par un double effet de son énergie, les autres corps célestes, et il provoque leurs mouvements combinés, comme le coryphée dirige les évolutions rythmiques du chœur*. Les Pythagoriciens reconnurent en lui l'Apollon Musagète, celui qui conduit les Muses réparties dans les neuf cercles du monde et dont les accords produisent l'harmonie des sphères ^ Or, les astres étant regardés comme les auteurs de tous les phénomènes physiques et moraux de cette terre, celui qui règle le jeu compliqué de leurs révolutions sera l'arbitre des destins, le maître de toute la nature. Placé au centre du grand organisme cosmique, il l'animera jusqu'à ses extrémités, et l'on se plaît à le désigner comme « le cœur du Tout" », où son rayonnement distribue la chaleur.
Mais cet univers si bien ordonné ne peut être conduit par une force aveugle : le soleil sera donc une lumière intelligente («pco^ vospov) et les théologiens le définiront comme la raison directrice du monde \ Par suite il deviendra
1. Boyancé, Songe, p. 61 ss., a rendu plausible, malgré la dénégation, de Hûltsch (cf. "Chéol. solaire, p. 471) que l'ordre « chaldéen » eds planètes fût adopté déjà par Archiinède, et il ajoute foi à l'assertion de Théon que, plus anciennement, certains Pythagoriciens l'avaient admis.