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I9S LUX PERPETUA

ensuite aux Pythagoriciens'. Il n'est pas impossible cependant que, comme l'astrologie babylonienne, l'eschatologie hindoue ait été accueillie par une partie du clergé égyptien dès le Vl^ siècle avant notre ère, et que le renseignement fourni par le Père de l'histoire puisse être au moins en partie exact, l'Egypte ayant servi d'intermédiaire entre l'Inde et la Grèce.

Aussi bien nous n'avons pas ;\ discuter ici ce problème épineux de la genèse de la métempsycose, ni h en suivre le développement dans la philosophie hellénique, avant et après Platon. A l'époque qui nous occupe elle était devenue depuis longtemps un thème rebattu, un sujet de controverses dans les écoles, et Pythagore était généralement reconnu comme le Maître qui l'avait révélée aux Grecs. Elle n'était pas seulement une théorie que discutaient les penseurs, mais aussi im article de foi religieuse. Nous pouvons laisser indécise la question de savoir si, comme l'affirment les anciens, les Druides y croyaient et si les Étrusques l'avaient aussi adoptée". Mais il est certain qu'en Orient la transmigration fut acceptée par nombre de sectes gnostiques et par les Manichéens, et elle devait s'y transmettre jusqu'à nos jours chez les Alaouites et les D^-uzes du Liban, chez les Yézidis de Mésopotamie.

La descente de l'âme du ciel sur la terre est une déchéance ; le corps est un tombeau où elle est ensevelie, une geôle où elle est captive. Ces vieilles doctrines pythagoriciennes (p. 147) ne cessent d'être reprises et répétées jusqu'à la fin de l'antiquité ■\ Mais l'idée orphique que cette déchéance est le châtiment d'un péché originel, la suite d'un crime commis par les Titans, auteurs de notre race, et que doivent expier leurs descendants, cette idée est sinon tout à fait oubliée, du moins reléguée dans l'ombre*. Au contraire la conception également ancienne qu'une amère et cruelle nécessité contraint les âmes à s'incarner ° prend un relief nouveau par suite de la diffusion du fatalisme astrologique. L'alternance de leur descente et de leur montée est conçue comme régie par une loi inflexible analogue à celle des progrès et rétrograda-

1. Métempsycose admise d'abord par les Orphiques : cf. Nilsson, Griech. Rel., Ij p. 654 ss. ; Ziegler, R. E., XVIII, 1378 ss. s. v. « Orphische Dichtung ».

2. Druides : Dottin dans Hastings Enc, s. v. «Transmigration». Cf. supra, p. 153- Etrusques : Furtwângler, l. c. [sufra, p. 61], p. 216 ; Thulin, /. c. [Libri Acheruntici]

3. Virgile, En., VI, 734 ; Macrobe, Comm. in Somn. Se, I, 18, 9. Autres textes = C. R. Acad. Inscr., 1930, p. 102 ; Jos. Kroll, Hertnes 'Crismegîstos, 1914, p. 272.

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