Ovide, Met., XV, 153 ss
4. Cf. Schmekel, Philos, der \Mittleren Stoa, 189a, p. 434 ss.
5. Virg., En., VI, 721, ss. ; Sextus Emp., IX, 580 ; Sotion dans Sén., Efist., 108 ; Hermès Trism., npôç Târ, dans Stobée I, 49, 48 (p. 416, Wachsra.); Porphyre, î^ît. Pythag., 19,
6. Diels, Doxogr., p, 571, 18 ; Tertull., De anima, 30 ; Sali, philos., c. 19.
et restent toujours en quantité égale, semblables à elles-mêmes. A peine sontelles sorties d'un corps qu'elles pénétrent dans un autre. Ce voyage sans trêve leur fait parcourir toutes les espèces du monde animal. Elles passeront successivement dans des oiseaux, des quadrupèdes, des poissons, des reptiles pour revenir ensuite à l'homme'. C'est pourquoi il est impie, de se nourrir de nos congénères, de dévorer nos « semblables » *, et le sage doit pratiquer le végétarisme. Mais certains, tirant les conséquences logiques des prémisses admises et justifiant théoriquement une croyance qui remontait aux origines (p. 196), affirmaient que la vie du règne végétal elle-même dérivait du même principe que celle du règne animal et que la transmigration s'étendait jusqu'aux plantes ^ C'est à cette doctrine que songeait Sénèque lorsqu'il nommait Apocolokyntosis, « transformation en citrouille », l'apothéose de l'empereur Claude, que sa stupidité avait prédestiné à cette métamorphose^.
Cette doctrine eschatologique pouvait sembler difficilement conciliable avec celle d'une rémunération éthique. Si, dans la nature, une chaîne ininterrompue unit l'existence de toutes les espèces, si une fatalité inexorable veut que la vie se propage de l'homme aux êtres inférieurs, cette nécessité semble en contradiction avec tout espoir d'une récompense posthume. Pour mettre d'accord la croyance à la rétribution future avec celle du cercle inéluctable des migrations, on établit tme échelle de valeur morale parmi les animaux eux-mêmes ; les hommes injustes s'incorporaient dans les espèces sauvages, les justes dans les espèces paisibles^'. Hermès Trismégiste prétend même savoir que les meilleurs des hommes deviendront parmi les oiseaux des aigles, parmi lès quadrupèdes des lions, parmi les reptiles des dragons, parmi les poissons dep dauphms ^ On enseignait aussi que les philosophes éminents se transforrt\aient en abeilles ou en rossignols : ceux qui avaient nourri le genre humain de leurs discours, le charmaient encore par la douceur de leur miel ou la suavité de leur chant.
1. Hermès Trism. dans Stob., I, 49, 48 (p. 416, Wachsm. ; cf. p. 465, 15). Enée de Gaza, P. G. LXXXV, p. 889 ss. — C'est le genre de métempsycose qu'Hérodote, H, 123, attribue aux Egyptiens, cf. supra, p. 197.
2. Jamblique, V. Pyth., 108 ; Ovide, Met., XV, 174 ss. ; Sénèque, Epist., 108, 19 ss.
3. Diogène Laërce, Vlll, i, 4 ; Pline, H. N., Vin, .30, 12 j Théodoret, Haeres., V, 297. Cf. Plotin, infra, ch. VHI, p. 354.
4. Cf. Birt, De Senecae Apocolok. (Prog. Marbourg), 1888, p. IV.
5. Platon, Rép., 620 d ; cf. TertulL, De anima, 33 ; Lucien, Pseudomantis, 40.
6 Hermès Trism. dans Stobée (I, 398, 3 Wachsm.) ; cf. Empédocle, fr. 127 Diels = Ailien, Nat. anim., XII, 7 ; Timée de Locres 17, p. 104.