Dict. de théol. cathol., s, v. « Métempsycose
5. Denis, La -philos. d'Origène, 1884, p. 309 ss. ; E. de Faye, Origène, III, p. 25 ss,
6. Origène, De princip., I, 8, 4 (p. 102, 13 ss., Koetschau). Cf. Denis, p. 190 ss.. Réfutation de Grégoire de Nysse, De anima, PG., XLVI, p. m c ss.
2o8 LUX PERPETUA
Une croyance beaucoup plus répandue, en rapport avec la doctrine de l'immortalité céleste que nous avons exposée précédemment, place les Enfers dans les airs. L'atmosphère est en effet l'espace redoutable que doivent traverser les esprits des morts avant d'atteindre les sphères étoilées, où ils trou-J veront le repos. Comme cet espace sublunaire est inférieur aux cieux que l'on se figure superposés au-dessus de lui, on lui donne à bon droit le nom d'Infen'^. Parfois la désignation est réservée à la partie la plus basse de l'atmosphère, à l'air épais et humide qui enveloppe notre globe et que hantent de préférence les démons malfaisants ^. Si l'on parle de l'obscurité des Enfers, c'est que cet air est, par sa nature propre, lorsqu'il n'est pas éclairé, un élément ténébreux; et si on l'appelle Hadès ("AtSyjçj; c'est parce qu'il est (âsiSïjç) « invisible » 3.
Si l'âme s'était épaissie par son contact avec le corps, si elle se trouvait alourdie par les appétits matériels dont elle n'avait pu durant la vie se libérer, son poids même l'obligeait à séjourner dans cet enfer atmosphérique, voisin de la terre, jusqu'à ce que, purifiée, elle eût été délestée du fardeau de ses fautes. Dans ces bas-fonds de l'atmosphère qui la recevaient d'abord, elle errait plaintive, surprise des supplices qu'elle endurait *. Car si elle était tachée et salie, les ouragans la saisissaient dans leurs trombes, les tempêtes la roulaient et la secouaient et en arrachaient ainsi violemment les souillures qui s'étaient incrustées en elle. Les Vents, divinités tantôt vengeresses et tantôt bienfaisantes, savaient lui faire expier rudement ses crimes, mais ils pouvaient au au contraire l'élever vers les hauteurs de l'éther. Si, exempte de fautes, elle avait gardé sa pureté native, de douces brises la soulevaient et, l'échauffant de leur haleine, la portaient jusqu'aux astres^. Ce pouvoir attribué aux Vents sm* le sort des âmes les a fait souvent représenter sur les stèles funéraires soufflant vers l'image du mort dont ils doivent faciliter l'ascension®.
Selon une croyance très répandue, les Enfers ne sont pas seulement cette zone^ voisine de ce bas monde, où s'exerce surtout la malfaisance des puissances
1. Macrobe, Somn. Scip., I, ii, 6 : « Inter lunam terrasque locum mortîs et inferorum vocari ». Cf. Symbol., p. 117 ss.
2. Cic, Vusc, I, 42 ; Gornutus, 59 ; Aug., Civ. Dei, XIV, 3. Cf. Symbol., p. 124.
3. Symbol., p. 124 ss. Cf. Prudence, Cathem., X, 25 ss. et supra, p. s^.
4. Porphyre, dans Stobée, Eclog., I, 49, 60 ; cf. Syinbol., p. 128 ss.