‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 227 sur 468 · Cf. su-pra, p · texte numérisé non relu

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4. C. E. 1109, 1924; cf. I G, XII, 5, n° 62, 7 ss. et une épitaphe de la voie La- Dicane, Athenaeum, 1926 (N. S., IV), p. 103.

pas de ma rame la barque noirâtre, je ne redouterai pas Charon au front menaçant, et ne subirai pas la sentence du vieux Minosi, on ne me verra pas errant dans un ténébreux séjour, ni retenu sur la rive de l'onde fatale ». Cette épitaphe date du siècle d'Auguste, mais celui qui l'a rédigée croyait-il^ plus que les poètes contemporains;, à la réalité des êtres dont /il peuplait l'Hadès ? Il pare son discours d'une défroque littéraire dont devait hériter plus tard la poésie chrétienne. Celle-ci n'hésita pas à employer ces clichés païens, si frustes à force d'avoir servi, que leur signification première en était devenue indistincte. La Renaissance et le xviie siècle devaient encore en user et en abuser dans les temps modernes.

De même la sculpture funéraire continuait à répéter souvent les thèmes traditionnels. Les sarcophages nous montrent parfois le défunt conduit par Hermès psychopompe en présence de Pluton et de Proserpine. Les monuments funéraires reproduisent aussi. Charon dans sa barque. Cerbère comme gardien de l'Hadès^ Oknos et son âne, les supplices typiques des grands criminels Tantale, Ixion, Sisyphe, et surtout celui des Danaïdes^. Mais ces images traditionnelles étaient répétées sans que l'on crût à leur réalité^ et elles n'avaient plus que la valeur de symboles. A considérer l'ensemble des représentations funéraires'^ elles sont d'ailleurs extrêmement rares, nous avons déjà insisté sur cette carence -.

Si nous n'avions que la poésie et l'art sépulcral pour attester la persistance des croyances du passé, ce serait un témoignage très sujet à caution. Mais d'autres indices plus probants nous donnent l'assurance que la foi populaire demeurait attachée, avec cette ténacité qui la caractérise, à l'antique conception des Inferi. L'on peut en fournir la preuve, même pour la ville de Rome, où une plèbe métissée vit se mêler à l'ancienne foi italique toutes les croyances de l'Orient ^ ; à plus forte raison dans les pays du Levant, où la religion atavique continuait, à être celle de la population, indigène, ne manquent pas les témoignages qui attestent la persistance de l'antique conception d'un royaume obscur des dieux chthoniens^. Ainsi une épitaphe d'Elaiousa en Cilicie adjure « le dieu céleste, le Soleil, la Lune et les dieux souterrains qui nous reçoivent » ; et la mention de ces xa':a5(^G6vioi Geoi est fréquente^. La croyance se maintient que les ombres peuvent n'être point

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