‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 229 sur 468 · Cf. injra, ch. V, p. 257, fig · texte numérisé non relu

Cf. injra, ch. V, p. 257, fig

2ié LUX PERPETUA

certains l'aient tenté. Les commentateurs s'attachèrent donc à défendre la doctrine du sage infaillible en réfutant les objections de ses adversaires. Les Stoïciens, nous l'avons vu, avaient soutenu que l'âme, étant un « souffle ardent », avait une tendance naturelle à s'élever dans les airs et ne pouvait s'enfoncer dans le sol. Mais Porphyre objecta qu'en s'abaissant à travers l'atmosphère elle s'imprégnait de son humidité, et ainsi s'alourdissait ; et si pendant son passage dans la glaise du corps elle s'était chargée d'une boue purement physique, si elle s'enveloppait d'une gangue matérielle, sa densité devenait telle qu'elle pouvait être entraînée dans les abîmes ténébreux de la terre*. Pour Proclus, qui se prétend le fidèle truchemient de Platon, l'âme après la mort est jugée quelque part entre le ciel et notre globe. Si elle en est digne, elle jouira dans les sphères célestes d'ime vie bienheureuse, ; si au contraire elle a m'érité des peines, elle sera reléguée sous la terre) '^. Précisant ailleurs sa pensée', il s'exprima ainsi : « Les divers lieux de l'Hadès et les tribunaux souterrains et les fleuves dont Homère et Platon nous ont enseigné l'existenc.e, ne doivent point être regardés c,omme de vaines imaginations ou des merveilles fabuleuses. Mais de même que les âmes qui vont au ciel sont réparties en des séjours divers et variés pour s'y reposer, de même il faut croire que pour celles qui ont encore besoin d'un châtiment, s!ouvrent des lieux souterrains où s'infiltrent en quantité les effluves des élémlents supra-terrestres. Ce sont eux qu'on appelle « fleuves » ou « épurants ». Là aussi des classes diverses de démions exercent leur empire, les uns vengeurs, d'autres punisseurs, d'autres purificateurs ou enfin justiciers. Dans ce séjour, le plus éloigné de celui des dieux, les rayons du soleil ne pénètrent pas, et il est rempli de tout le désordre de la ra'atière. Là se trouve, gardée par les démons qui y assurent la justice, la prison des âmes coupables, enfouies sous la terre ». Ces citations suffiront à montrer comment les ultimes soutiens du paganisme revinrent aux antiques croyances des Hellènes. En exposant les spéculations des Néoplatoniciens nous aurons l'occasion de reparler de leur interprétation de l'Hadès mythologique*.

Ce n'est point uniquement par leur fidélité aux doctrines de Platon, qu'en réalité ils altèrent, ni par la seule logique de leur système, que les derniers

1. Porph,, Sentent, ad intellig.^ XXIX, 1-2 avec les notes de Mommert. Cf. Symbol-, p. 20 r, n. 2; înfra, ch. VIII, p. 368, à propos de Porphyre j cf. ch. II, p. 126, 10 ss.

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