I. Origène, C. Cels., VIII, 48 ss
z. Cf. Relig. orient., p. 142, p. 280, n, 53 5 Mages hellén., I, 178 s,; II, 275 ss.j Bousset, A. f. Religiv., 1915, XXIII, p. 134-172.
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mensonges et aux impostures ; et tâchant de détourner vers eux-mêmes la vénération que l'homme doit aux dieux, ils favorisent la fantasmagorie et les mystifications des sorciers, et viennent se repaître des sacrifices sanglants que les magiciens leur offrent à eux tous, et surtout à la puissance qui les commande, c'est-à-dire à Ahriman.
Les mystères de Mithra, qui furent par excellence une religion de soldats, ont dû surtout acclimater dans le paganisme la doctrine zoroastrienne que les dieux ou génies bienfaisants et les esprits malins sont comme deux armées luttant constamment entre elles sous la direction de chefs opposés, et que les âmes des défunts deviennent semblables à l'une ou à l'autre de ces deux phalanges antithétiques de déités et de démons : lorsqu'elles sont vertueuses et pures, elles montent vers l'éther lumineux où résident les puissances divines. Si au contraire elles sont vicieuses et souillées, elles descendent dans les profondeurs du sol, où commande le prince des Ténèbres, et elles subissent et infligent la souffrance comme les dévas pervers, qui habitent les sombres demeures de l'Esprit malin.
Ce fut à ce compromis que s''arrêta le paganisme au terme de son évolution. Le dualisme oriental lui imposa sa formule définitive. Il n ''admit plus, comme les anciens Grecs, que les ombres de tous les morts dussent descendre du tombeau dans d'immenses cavernes creusées dans le sein de la terre ; il ne fit plus de l'Elysée et du Tartare deux domaines contigus du royaume de Pluton. Il ne les transporta pas non plus, comme l'avaient voulu la plupart des théologiens du début de notre ère, tous deux côte à côte au-dessus de nous, dans l'atmosphère et les sphères étoilées. Il les sépara radicalement et, scindant en deux moitiés le séjour des âmes défuntes, il plaça l'une dans la clarté du ciel, l'autre dans l'obscurité du sous-sol. Après quelque hésita.tion, cette conception fut généralement acceptée par les docteurs de l'Eglise, et elle devait devenir pour de longs siècles la foi commune de toute la chrétienté.