‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 234 sur 468 · Cf. infra, « Orphisme », ch. V, p · texte numérisé non relu

Cf. infra, « Orphisme », ch. V, p

3. Origène, C. Celsum, IV, g. Cf. Loisy, Mystères [infra, p. 235, n. i], p. 47.

4. Silius Ital., Punica, XIII, 396 ss., 609 ss. ; 835 ss. ; 870 ss. j. Plut., De sera nuin. vina., p. 567 b, ss.

glacé et d'âpre fer, enfin, Néron, tyran matricide, le corps percé de clous rougis au feu ' .

Lucien lui-même, dans son voyage, d'une outrance comique, aux « Iles des impies » *, dont le sol est hérissé de couteaux et d'aiguillons et où coulent des fleuves de fange, de sang et de feu, se fait raconter par ses guides la» vie de chacun des suppliciés et le .motif de son châtiment. Ainsi Cinyras, le roi de Chypre, coupable d'un inceste, est enveloppé d'une fumée aveuglante et suspendu par les parties honteuses. Les pires tourments sont réservés aux menteurs et aux historiens qui ont altéré la vérité, comme Ctésias et Hérodote, crime dont, heureusement pour lui, Lucien se proclame exempt.

On se demandera à qui les auteurs d'apocalypses ont emprunté les fictions effroyables de ces cauchemars de bourreaux. Il n'est pas douteux qu'à l'époque hellénistique le fonds sous-jacent de la Grèce ancienne s'est accru d'un apport de l'Orient. C'est là que les créations féroces de la théologie infernale ont d'abord pris une ampleur et une netteté longtemps incoiînue en Europe. Les Egyptiens ont longuement décrit dans leur « Livre des Morts » ^ et illustré d'une imagerie fantastique les épreuves posthumes de ceux qui ont méprisé les préceptes d'Osiris. On est tenté de retrouver aussi dans le catalogue des fautes et de leur punition cet esprit classificateur des Babyloniens qui apparaît dans la rédaction du code d'Hammourabi comme dans les recueils de prodiges et de présages. Un livre mazdéen, l'Artâ-Virâf-Namak *, nous offre un dénombrement méthodique des pécheurs et de leurs supplices, d'une précision de casuiste, que n'égale celle d'aucune des œuvres conservées en grec. Rédigé en pehlvi, cet ouvrage est, à la vérité, d'époque tardive ; mais les antécédents remontent certainement dans l'Iran à une époque fort ancienne". C'est probablement d'Asie Mineure que les Étrusques apportèrent en Italie la croyance à un Orcus peuplé de démons hideux, où Charon et les Érinnyes prennent un aspect farouche, qui rappelle celui des diables du Moyen-Age*. Le syncrétisme de la période alexandrine est un fleuve sans rives où divers affluents ont mêlé leurs eaux. Si le naufrage de la littérature sacrée du paganisme gréco-

I Cf. sur le sort des parricides : Platon, Phédon 114 a j Sil. Ital., XIII, 835 ss. i €t Ettig Acheruntica, p. 381.

2. Lucien, Vera hist., II, 30 ss.; cf. Cataplus 28; Dial. mort., 30, l.

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