Firm. Mat., De err. prof, reî., 18, i
4. Apulée, De magia, ss > ^^- Boyancé, Mélanges Ernout, 1940, p. 39 ss.
les bacchanales helléniques comme dans les cultes orientaux '■. L'origine de ce festin sacré remonte à une antiquité immémoriale. Dans les sociétés primitives l'étranger est l'ennemi, mais souvent il est regardé comme un membre de la famille dès qu'il a mangé et bu avec elle. De même dans les associations cultuelles, celui qui a pris part au repas de la communauté y devient un frère parmi les frères. Il est désormais le commensal des autres mystes et aussi du dieu présent à leur foi dans leurs assemblées. Telle est dans ses grandes lignes, abstraction faite de certaines variations particulières, l'économie générale de toutes les religions païennes de salut. Leur eschatologie a pu se diversifier d'après la théologie des clergés qui l'ont enseignée, mais du moins aux origines elle offre un caractère commun. Nous avons vu (p. 68) que le genre d'existence des ombres dans l'Hadès était primitivement conçu comme un prolongement de celui que chacun avait aimé avant sa mort. Les joies qu'obtiennent comme récompense les Elus sont une répétition indéfinie des divertissements auxquels ils se plaisaient pendant la vie humaine. Ces jouissances purenient matérielles sont celles de simulacres de l'homme, qui continuent à être affectés par les sensations d'êtres de chair et d'os, non celles qu'auraient pu rechercher des âmes spirituelles dont les perceptions ne dépendraient pas d'organes corporels. Le sort imaginé pour les initiés aux Mystères reste conforme à cette conception naïve ; ils n'échappaient pas à la règle commune, mais leur béatitude reproduisait à jamais les émotions les plus profondes qui les eussent enchantés pendant leur vie passée, celles qu'ils avaient éprouvées dans ce ravissement passager, qui les avait transportés lorsqu'ils participaient aux cérémonies troublantes des cultes secrets. Cette allégresse, parfois extatique, qu'ils obtenaient vivants pendant des heures trop brèves devait, après leur mort, leur être accordée à perpétuité par la reproduction des spectacles ou des actes liturgiques qui l'avaient jadis éveillée dans leur âme. Nous allons voir l'application que reçut ce principe dans les diverses religions grecques ou orientales.
Nombreux furent les temples de la Grèce où des mystères furent institués et plusieurs d'entre eux remontent à une antiquité très reculée '^. Mystères de Zeus en Crète dans l'antre de l'Ida, mystères d'Hécate à Êgine", mais surtout mystères de Déméter célébrés dans maint sanctuaire, la déesse de la Terre
I. Relig. orient., p. 219, n. 43 ; p. 256, n. 52 ; Syria, 1941, XXII, p. 294.