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CHAPITRE V. — LES MYSTÈRES

ayant été constamment mise en relation avec les morts, et le secret angoissant que cachait le royaume souterrain inclinant les esprits à chercher ime révélation pour l'éclaircir. La plupart de ces cultes ésotériques n'ont qu'une importance locale, mais quelques-uns ont, jusqu'à la fin du paganisme, accueilli des dévots venus de lointains pays. Les Cabires de l'île solitaire de Samothrace, ces dieux énigmatiques de la mer, devenus les protecteurs des navigateurs, acquirent sou? les Diadoques, dont les flottes sillonnaient la Mer Egée, un prestige qu'ils ne perdirent pas entièrement à l'époque impériale, où les listes d'initiés, conservées jusqu'au me siècle, mentionnent de nombreux noms romains ' . Quelques-uns de ces mystères helléniques nous ont livré des documents d'un haut intérêt, telle la fameuse inscription d'Andanie en Messénie ^ Mais nous savons très peu de chose de leur contenu religieux ; et spécialement pour la question qui nous occupe ici, nous sommes dans une ignorance presque absolue des promesses d'immortalité qu'ils pouvaient offrir aux époptes. Nous avons peu d'indications sur leurs cérémonies rituelles, moins encore sur leur valeur spirituelle. C'est seulement à Eleusis que se laissent entrevoir certaines clartés ^.

ELEUSIS. — Parmi les mystères antiques, il n'en est point dont l'histoire, s'étendant sur la longue durée d'un millénaire, nous soit aussi bien connue que celle des Êleusinies. Nées de l'humble culte agraire rendu à Déméter et Koré par deux familles sacerdotales d'un canton de l'Attique, ces fêtes participèrent plus tard de la primauté intellectuelle et politique d'Athènes, et la Grèce entière s'associa à leur célébration. Leur prestige incomparable se maintint même sous la domination de Rome. De tous les cultes secrets de l'Hellade, ce sont les seuls dont le renom fut alors non seulement panhellénique mais universel. Parmi les Romains, beaucoup de nobles esprits, comme Cicéron, subirent l'impression ineffaçable de leurs cérémonies et y trouvèrent un réconfort moral. Plusieurs empereiu:s vinrent à Eleusis se faire initier^. Les Césars

1. Kern, E. E., s. v. « Kabeiros », (t. X, 1398 ss.) et s. v. « Mysterien » (t. XVI, ool. 1275 ss.) ; cf. IG., XII, 8, 38 s. — Cf. ma note, R. H. Rel., CXXVII, 1944,

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