IG., V, I, i390 = Dittenberger, Syll., ÏP
3. Rohde, Psyché, tr. fr., pp. 229-247; Paul Foucart, Les mystères d'Eleusis \ Wilainowitz, Glaube der Hellenen, t. II, 475-480 (sur l'époque romaine) ; Roussel, L'initiation préalable et le symbole éleusinie7i, B. C. H. 1930, LIV, pp. 50-74 ; Nilsson, Griech, Rel., I, p. 619 où l'on trouvera (p. 620, n. i), une bibliogr. plus complète; ^usson, Die Eleusin. Kulte der Demen (Ei-anos, XLII), 1944, pp. 70-76.
4- Wilamowitz, of. cit., II, p. 475 ; Kern, R. E., s. v. « Mysteriea », ool. 1254 ss.
qui, comme l'indiquent leurs monnaies, prétendaient assurer la félicité du genre humain, rendaient ainsi hommage à la déesse qui, aux origines, avait élevé l'Attique à une vie plus civilisée. Mais, bien qu'tme multitude de mystes aient pénétré à l'intérieur des hauts murs du sanctuaire et aient même été admis dans l'enceinte réservée du télestérion pour assister au drame ésotérique qui y était représenté, la défense d'en rien révéler fut rigoureusement observée par eux durant de longs siècles, et l'histoire entrevoit à peine par quels artifices liturgiques était fortifiée leur foi en un bonheur futur que dispensaient « les deux déesses ».
Cicéron' pensait qu'Athènes, parmi tous ses mérites, n'avait rien produit de meilleur pour l'existence humaine que ces mystères qui donnaient une raison de vivre dans la joie et de mourir avec un « bon espoir », et cette expression (àyaÔ-r] èXtcîç) qui est traditionnelle chez les écrivains grecs, paraît empruntée au rituel même d'Eleusis ". L'assurance d'une immortalité bienheureuse, obtenue par la participation aux cérémonies occultes, était le bénéfice essentiel que l'on en attendait. Cette conviction ne résultait pas d'un enseignement dogmatique qui aurait éclairé l'ordinand sur la destinée de l'âme après le décès, d'une sagesse théologique dont on lui aurait révélé les arcanes. Elle a pu être fortifiée par l'émotion religieuse éprouvée par lui, par la vue d'un drame sacré reproduisant le mythe de Déméter, qui faisait passer le spectateur de l'inquiétude à la confiance, des ténèbres à la lumière, de l'effroi à ^allégresse^ Mais la condition indispensable pour être sauvé était d'avoir été soumis à une purification sacramentelle. Cette cathartique était l'acte essentiel qui, en faisant du myste un être « pur et saint » (xaOapoç, ôcrtoç), lui conciliait la faveur des divinités qui devaient le recevoir dans le royaume des ombres, Précisément pour ce motif que les ablutions rituelles et autres lustrations délivraient de toute pollution celui qui s'y soumettait, aucun pécheur n'était exclu de cette rédemption, et la religion d'Eleusis a pu paraître indifférente au mérite ou au démérite de ceux qu'elle accueillait. La seule exception était l'exclusion des assassins, sans doute parce qu'une souillure aussi grave paraissait indélébile ou que la présence même de ces criminels eût attiré dans U temple celle des esprits vengeurs du meurtre*. L'interdiction s'étendait aussi aux barbares, leur ignorance du grec les rendant incapables de prononcer