‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 254 sur 468 · Rohde, tr.fr., p · texte numérisé non relu

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4- Aristoph.j Grenouilles, 146 : Bopêopov Ttolùv xai axwo àeîvwv ; cf. Plutardue, De "^«ima, fr. VI, 5, p. 725.

S' Aristoph., l.c, et 237, 449 ss,, 613 ; Plut., /. c; Axiochos, p. 371 D.

sur la terre (p. 68), s'était transformée en l'attente d'une répétition indéfinie des joies les plus élevées auxquelles le croyant pût atteindre.

Les mystères d'Eleusis n'avaient donc pas apporté aux Hellènes une conception nouvelle du sombre royaume où régnaient Pluton et Proserpine ; mais l'absence même, dans leur économie, de toute affirmation théologique qui aurait formulé une doctrine précise sur les Enfers, l'adhésion tacite aux idées reçues chez les contemporains, devaient faciliter leur évolution, quand se modifièrent les croyances sur la vie future. Aucime dogmatique rigide ne s'opposait à ce que la spéculation philosophique interprétât librement les traditions sacrées. Il ne paraît pas douteux que de bomie heure la foi en l'immortalité céleste transforma, dans l'esprit même du clergé, les croyances à la survie dans l'Hadès primitivement admises. Les fouilles d'Eleusis nous ont rendu l'épitaphe métrique d'une hiérophantide qui avait « couronné des mystes » illustres, Antonin le Pieux et Commode. Comme récompense de sa piété, Déméter l'a conduite, désormais exempte de souffrance, vers les îles des Bienheureux * . Sans doute interprétait-on ces îles homériques, avec les Pythagoriciens, comme le soleil et la lune baignant dans l'éther (p. 146). La mort de cette prêtresse a été plus douce que le sommeil sans réveil de Cléobis et de Biton*, car le mystère que révèlent les dieux est que le trépas doit être pour les mortels, non un mal, mais un biesn ', tant l'on est maintenant persuadé de là béatitude ineffable accordée aux initiés dans l'autre monde.

Sans doute les rites d'Eleusis, dans leur ensemble, se transmirent-ils fidèlement de génération en génération, et l'on garda jusqu'à la fin du paganisme le souci de les reproduire « selon les anciens usages » hérités des ancêtres*. Mais le « bon espoir »• qu'ils faisaient luire changea de sens avec les convictions intimes des participants. Chacun des philosophes le comprenait selon son système^. Après son initiation Marc Aurèle ne cessa pas de croire que l'âme était absorbée à la mort dans les éléments de l'univers ^, et pour Épictète, qui niait absolument toute survie personnelle (p. 116), les Éleusinies

I. 'E(j>ï)[i. àpiaiol., 1885, p. 150, v. 9 ss. (= Dittenberger, Syll. 3,869,872,873); cf. 1883, p. 70 (= Cougny, Anthol. Pal., suppl., III, 115 b). — Sur les Iles Bienheureuses, ci. l'élégie sur la mort de Philiskos, Wilamowitz, Sitzb. Ak. 5., 1912, p. 547.

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