CHAPITRE V. ^ LES . MYSTÈRES
avaient été établies par les anciens pour l'éducation et le redressement de la vie présente, et telle était leur seule utilité ' . Selon les disciples de Plotin, les cérémonies saintes garantissaient aux mystes, non un séjour délicieux dans l'Hadès souterrain, mais une heureuse ascension vers les astres et la région supra-mondaine des essences intelligibles*. Lorsque Maxime pressait Julien l'Apostat de se faire instruire par l'hiérophante ^ il savait certainement que les vues de ce prélat n'étaient pas opposées à celles des théurges platoniciens. Le clergé d'Eleusis n'a donc point guidé les esprits dans les voies nouvelles que se fraya l'eschatologie ; il n'en a point dirigé l'évolution, il l'a suivie ; et si l'on considère l'action qu'à cet égard il a pu exercer dans l'empire romain, elle apparaîtra très restreinte. Le culte secret des deux déesses, privilège d'antiques familles sacerdotales, resta toujours attaché à la glèbe de l'Attique et inséparable de la religion officielle de l'Etat athénien. Sa célébrité sans égale put engager les fondateurs de nouveaux mystères à s'inspirer de ses rites *, et l'étendue de sa renommée favorisa ainsi son action indirecte. Mais le télestérion d'Eleusis ne possédait pas de succursales^ ; il ne fut transplanté ni à AlexandriCj ni à Pergame, et il ne put pas davantage être transféré à Rome, bien que Claude y ait songé '^. Les dévots, pour obtenir l'initiation, devaient se rendre en pèlerinage à Athènes, et même les Césars n'en furent pas dispensés. Ces mystères, restés exclusivement helléniques, ne pouvaient faire concurrence à des religions dont les sectateurs, animés d'un ardent esprit de prosélytism,e, bâtissaient leurs temples ou ouvraient leurs chapelles dans toutes les provinces de l'empire, et dont les communautés essaimaient et proliféraient de l'Orient à l'Occident et aspiraient à la conversion de tout le genre humain.
Orphisme. — Pausanias^ parlant de la raison secrète qui veut que 1
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