Am. J. A., /. c, p. 252, n. 3 et pi. XXXII
quant et de répréhensible, en les soumettant à une stricte surveillance. Elles furent peu à peu hellénisées et humanisées. Ptolémée IV Philopator, tatoué lui-même de la feuille de lierre, qui marquait l'appartenance à la grande confrérie dionysiaque, publia un édit enjoignant à tous ceux qui dans le pays initiaient aux mystères de Bacchus de se présenter à Alexandrie devant un fonctionnaire royal ^ : ils lui feront connaître par qui le culte leur a été transmis depuis la troisième génération, et il lui remettront sous pli scellé la teneur de leur tradition sacrée. Manifestement Philopator voulait soumettre au contrôle de l'Etat une religion qu'il avait officiellement reconnue ; mais le décret lui-même fournit la preuve de la variété des pratiques et des écrits
Où Oéfjiiç Èv-
To09a XEiffô •
ai l [xè(= el [iT]) TÔv ^e-
« A nul n'est^permis
de reposer ici,
sinon à qui
fut fait bacchant ».
Tov|Kfëpr?0 î
Fig. 6. — Cimetière de Bacchants.
admis dans les thiases. Ceux-ci n'ont nulle part reproduit un type uniforme, comme le prouve la diversité de la titulature mentionnée daris les inscriptions. Ils ne s'astreignirent pas au conformisme des mystères orientaux ; ni leur doctrine, ni leur organisation n'eurent jamais la même homogénéité. Dans bien des cités des conventicules fondés par des particuliers subsistèrent à côté du culte de l'Etat ; et des observances aberrantes s'y maintinrent ou y naquirent. Protégés par le secret dont ils s'entouraient, ils pouvaient échapper à toute réglementation policière, et la fureur des anciennes orgies s'y maintenait parfois dans des rites grossiers, délirants et même homicides, 2. Dans les pays où l'extatisme était endémique, comme l'Asie Mineure et l'Afrique,
1. Rel. orient., p. 196, et 305, n. 12. — Cf. infra, N. C, XXV.
2. Plut., Quaest. gr., 38, p. 299 c j cf. Rohde, tr. fr., p. 300 ; Rel. orient., p. 198, n. 26 ; Am. J. A., /. c, p. a6o.