CHAPITRE V. — LES MYSTÈRES
IL — Les cultes orientaux V
Aux mystères depuis longtemps célébrés dans les cités helléniques ou helléniséeSj et dont l'influence s'étendit sous l'Empiré aUx pays latins, vint s'ajouter celle des religions orientales., successivement propagées en Occident et qui devaient profondément transformer le paganisme romain.
L'Asie Mineure, la première, lui fit accueillir ses dieux. Vers la fin de la deuxième guerre punique, en 205, Cybèle et soft pârèdre Attis furent officiellement adoptés par le peuple romain. Dès lors la pierre noire, symbole de la déesse de Pessinonte, fut adorée dans un temple qu'on lui construisit sur le Palatin. Mais le clergé exotique et équivoque qui le desservait fut soumis à une étroite surveillance. C'est seulement sous le règne de Claude que les fêtes de la Magn-a Mater acquirent une soleimité impressionnante ; et des cérémonies barbares prirent alors une signification spirituelle qui fit désormais leur valeur»
Dès le temps de Sylla, les mystères d'Isis et dé Sérapis, venus d'Alexandrie et déjà répandus dans le midi de l'Italie, s'introduisirent dans la capitale. Malgré ' l'opposition persistante du Sénat et les persécutions violentes qu'ils subirent jusqu'au règne de Tibère, ils ne cessèreiit de conquérir de nouV<eaux fidèles dans la péninsule et dans les provinces. Depuis Caligula, le culte égyptien, non seulement toléré, mais favorisé par les Césars, déploya à Rome dans des temples magnifiques la pompe émouvante de sa liturgie, et il compta une foule de dévots dans le monde grec et latin. Récemment encore on a exploré sur la pente de l'Aventin des salles oii se réunissait un collège modeste, composé de petites gens, qui prouve combien la dévotion égyptisante s'était répandue dans la plèbe romaine 2.
Un peu plus tard arrivèrent les dieux sémitiques : l'Atargâtis, ou « déesse Syrienne » d'Hiérapolis, l'Adonis ou Tammouz phénicien, le Jupiter ou Hadad d'Héliopolis, les Baals de Damas et de Dolichè en Commagène, le Bel et le Malachbèî palmyriens, le Dusarès arabe, d'autres déités encore furent transportées en Occident par les marchands, les esclaves, les soldats orientaux. La
1- Diffusion des mystères orientaux : cf. Relig. (yrienhi p, i8 as.