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Cf. C.-R. Acad. Inscr., 1945, p

26o LUX PERPETUA !

propagande de divers clergés s'intensifia à partir du premier siècle, et ils atteignirent l'apogée de leur puissance à l'époque des Sévères. La théologie qu'ils enseignaient, liée à l'astrologie, avait conçu de la divinité une idée beaucoup plus élevée et plus scientifique que celle de l'ancien anthropomorphisme, et ce fut surtout à cet égard qu'ils furent les prédicateurs d'une vérité nouvelle.

Enfin les mystères de Mithra firent connaître en Europe le mazdéisme hellénisé que professaient les Mages établis en Asie Mineure. Introduits dans la plèbe romaine par les prisonniers ramenés du Levant par Pompée, ils virent grandir leur puissance jusqu'au IIF siècle, où cette religion perse parut un moment balancer la victoire du christianisme. Elle comptait à Rome, à Ostie et en Italie un nombre impressionnant de spelaea, cryptes souterraines où les mystes prenaient part à des repas sacrés, et elle s'était propagée à la périphérie de l'Empire sur toutes les frontières, enseignant aux soldats une morale impérative et virile, fruit du dualisme iranien.

Quelle fut, sur les idées eschatologiques, l'action, de cette foule disparate de sectes hétérogènes qui apportèrent en Europe des croyances originaires de toutes les régions du Levant, il serait impossible, avec les pauvres documents dont nous disposons, de le définir pour chacune ; mais certains faits essentiels peuvent être reconnus avec certitude.

Une première observation s'impose. Tous ces cultes barbares, lorsqu'ils arrivèrent à Rome, avaient été plus ou moins profondément hellénisés. Leurs dieux avaient été assimilés aux Olympiens, leur langue liturgique était en général le grec *, leurs doctrines trahissent une influence sensible de la, philosophie hellénique, en particulier du stoïcisme ou du pythagorisme. Point plus important pour le sujet qui nous occupe, la plupart avaient pris la forme de mystères, c'est-à-dire qu'ils prétendaient assurer le salut de leurs fidèles par des cérémonies occultes, que l'initié s'engageait sous serment à ne pas révéler^. Le prestige sans égal dont jouissaient les mystères d'Eleusis rend probable qu'ils aient été imités dans l'organisation de ces nouvelles dévotions. Une double tradition veut que l'Eumolpide Timothée soit intervenu à l'époque de Ptolémée, lors de la fondation du culte de Sérapis, et qu'il ait écrit sur la légende de la Grande Mère, probablement comme interprète des promesses

1. Même dans le culte romanisé de la. Magna mater : Servius, Georg., II, 394 : « Hynuii Libero apud Graecos graeca, apud Latinos latina voce dicuntur. Hynmi vero Matris deum ubique propriam, i. e. graecam, linguam requirunt ».

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