Festugière, R. E. G., 1942, LV, p. yy ss
6 Poimandrès, X, 15, cf. IX, 4.
Mais elle est enfermée dans" un corps qui la corrompt et la souille, et la faiblesse de nos organes limite notre perception de la divinité. Les purs, les parfaits (TiiXtioi) les religieux {religiosi), qui forment une élite restreinte, peuvent seuls échapper à cette restriction spirituelle, et ils s'affranchissent en même temps de l'esclavage où le Destin, déterminé par les astres, maintient le reste des hommss. Après leur mort ces âmes pieuses retourneront à la source céleste dont elles sont issues. Elles s'élèveront victorieusement à travers les airs peuplés de démons, les uns bienveillants, les autres hostiles. Les impies y sont livrés à la vindicte des esprits vengeurs, ou secoués sans trêve par les tourbillons des éléments *. Seuls, les Élus qui l'ont mérité par leur piété, parviennent aux sphères étoilées et, se dépouillant, comme de vêtements, de leurs passions, ils iront, essences ignées, se réposer dans la clarté de l'éther (p. 146). Telles sont, dessinés à gros traits, les thèmes que développe l'hermétisme, non sans variations, même sur des points capitaux. Nulle part dans la littérature ancienne l'alliance d'une philosophie triviale avec une théologie traditionnelle n'apparaît plus crûment.
De l'Egypte, passons enfin aux peuples sémitiques et iraniens. Dans la grande coopération de tout le monde ancien à la transformation du paganisme, plus encore que les mystères grecs, anatoliques ou égyptiens, les religions de la Syrie et de la Perse exercèrent une influence profonde et durable sur les doctrines eschatologiques de l'Occident.
Le mazdéisme iranien a accordé dans sa théologie une valeur essentielle à la vie future ^. Il a formulé sur le sort des âmes après la mort une doctrine cohérente et détaillée, qui s'inspire du dualisme fondamental du système zoroastrien. Il décrit le voyage des âmes, protégées par les dieux, attaquées par les démons à travers l'atmosphère, l'ascension des justes de ciel en ciel jusqu'à l'éternelle lumière de l'empyrée où siège Ahoura-Mazda, la chute des impies dans les ténèbres souterraines où résident Ahriman et ses dévas. Elle annonce pour la fin des temps la résurrection des morts, le jugement dernier, la destruction du monde par un feu qui épargnera les bons et châtiera les méchants. Mais le mazdéisme s'est introduit en Occident sous une forme très éloignée du pur zorôastrisme. Un large syncrétisme en avait fait une religion