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CHAPITRE V. — LES MYSTÈRES

étrangemenl mêlée, aussi distante de l'orthodoxie exclusive du clergé sassanide que le judaïsme alexandrin le fut de celui du Talmud '.

Lorsque les conquêtes de Cyrus mirent les Mages en contact avec les « Chaldéens » de la Mésopotamie, ils subirent fatalement l'ascendant d'im corps sacerdotal qui se targuait d'être le plus savant du monde ancien. Babylone était alors le foyer de culture scientifique le plus brillant de l'empire ides Achéménides, et les prêtres perses adoptèrent cette astrolatrie et cette astrologie qui paraissaient alors la forme la plus rationnelle de la religion. Les colonies de Mages, ou « Maguséens » qui essaimèrent à travers l'Asie Mineure jusqu'aux rivages de la Mer Egée, y transportèrent cette rhéologie chaldéo-iranienne. Ils avaient pour langue liturgique un dialecte sémitique, l'araméen. Sans doute ne lisaient-ils pas les écrits avestiques, et ils étaient, par cette ignorance même plus encore que par leur éloignement, soustraits à l'action directe de leurs congénères, les Mages authentiques de l'Iran.

Sous les successeurs d'Alexandre, ce fut l'hellénisme de conquérants plus civilisés qui s'imposa à leur réflexion et provoqua leur imitation. Leur religion prit la forme des mystères helléniques, mais avec une hiérarchie de sept grades superposés, placés sous le patronage des planètes ^. Le dieu sauveur y était Mithra, yazata mazdéen, assimilé au Soleil, Le grec fut adopté comme langxie sacrée par ces mystères au lieu de l'araméen, et leur doctrine se combina avec la philosophie hellénique, surtout avec le panthéisme stoïcien ^. Qui plus est, de vieux mythes orphiques purent s'amalgamer aux traditions des Mages (p. 249),

Pour être moins apparente que celle de l'hellénisme, la part que prit Rome à la constitution définitive du mithraïsme n'en fut pas moins considérable. Le seul fait que celui-ci devint par excellence une religion militaire, dont les temples se retrouvent sur toutes les frontières, nous révèle à la fois une des raisons de sa puissance et un des traits distinctifs de son caractère. Mais les découvertes de spelaea du dieu perse se sont multipliées aussi au cœur de l'empire, dans la ville de Rome et à Ostie. D'autre part les fouilles entreprises en Europe et en Asie ont montré que ce culte pratiqué par les soldats était partout en Orient et en Occident semblable à lui-même. Or une religion largement adoptée par l'armée n'a pu l'être sans la tolérance, mais aussi la

I. Relig. or., p. 132 ss.; Mages hell., I, p. i ss. Z. C.-R. Acaâ, Inscr.) 1945, p. 416 ss.

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