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Mages hell.y I, pp. 32 ss., 9a ss

surveillance du pouvoir central, dont le contrôle a seul pu lui imposer un tel conformisme. On est ainsi amené à le croire, c'est à Rome que la liturgie et la doctrine de la secte exotique ont reçu leur aspect définitif : le mithraïsme, en un mot, est la forme romaine du mazdéisme i. S'il jouit de la faveur impériale, il dut en revanche être soumis à ime censure, qui élimina d'im culte foncièrement barbare tout ce qui pouvait sembler immoral ou subversif.

Il est impossible de reconnaître aujourd'hui quels changements furent opérés dans les mystères persiques devenus romains : nous sommes trop mal informés de leur rituel et de leur doctrine. Nous savons seulement que l'acte essentiel de la liturgie était un repas sacré où les participants ( p.£Téj(^ov'i:eç) recevaient des serviteurs (ùuiqpe'vOuvteç) le pain et le vin dont l'absorption devait leur conférer la force et la sagesse en cette vie, et dans l'autre une immortalité glorieuse ^.

Cette immortalité céleste est un dogme cardinal du mithraïsme syncrétique répandu en Occident, comme du zoroastrisme orthodoxe de l'Iran ; mais la conception qu'on s'en faisait avait été modifiée par l'astrolâtrie babylonienne. Une échelle symbolique formée de sept portes superposées surmontées d'une huitième y représentait l'ascension de l'âme à travers , les sphères planétaires jusqu'au ciel des fixes. Mais les théologiens enseignaient aussi que le soleil, régulateur intelligent des phénomènes cosmiques, était aussi le créateur de la raison humaine, qui remontait vers son auteur après s'être libérée de son corps \

Un syncrétisme religieux analogue caractérise la religion composite de la Commagène, telle qu'elle se révèle dans les inscriptions et les sculptures du roi Antiochus (69, 34 av. J.-C), qui descendait à la fois de Darius et des Séleucides *. Ici aussi le culte perse se combine avec la pratique de l'astrologie, et pareillement la langue grecque s'est substituée aux idiomes indigènes. Si les prêtres doivent continuer à porter les vêtements sacerdotaux des Perses, l'hellénisme a identifié les dieux avestiques avec les Olympiens. Fait essentiel, , la doctrine mazdéenne de l'immortalité est hautement affirmée : l'âme qui abandonne le corps, si elle est aimée des dieux, s'élève « vers les trônes célestes de Zeus-Oromasdès » (Ahoura-Mazda). La religion pratiquée dans ce petit

1. Cf. sur ce po'mt C.-R. Acad. Inscr., 1945, p. 419 et, à propos du bas relief de Bàris, ibid., 25 avril 1947.

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