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CHAPITRE V. — LES MYSTÈRES

royaume devait plus tard être répandue par les fidèles de Jupiter Dolichénus jusqu'aux confins occidentaux de l'Empire/.

Nous sommes très mal informés des doctrines théologiques admises en Syrie dans ces grands sanctuaires où un clergé instruit méditait et dissertait sur la nature des puissances divines et la signification de pratiques, parfois impudiques et cruelles, héritées de lointains aïeux 2. Même pour Hiérapolis l'opuscule très superficiel de Lucien nous rapporte seulement ce que pouvait observer ou apprendre un touriste curieux et sceptique, qui ne s'inquiétait guère de spéculations religieuses ^ Nous connaissons l'existence de mystèresi syriens*, mais nous ignorons presque entièrement quelle sagesse supérieure on prétendait y communiquer aux initiés. Le paganisme sémitique, comme celui de l'Asie Mineure, subit successivement l'influence de l'astrolâtrie babylonienne, du mazdéisme ides conquérants perses, et du polythéisme hellénique. Mais la civilisation et la littérature de l'empire séleucide nous sont si mal connues que nous distinguons avec peine les courants spirituels qui, dès l'époque alexandrine, s'y rencontrèrent et s'y confondirent. Toutefois il est certain que les rapports religieux restèrent ininterrompus entre la Babylonie et la S^ie. Les deux moitiés du « croissant fertile » qui borde le désert, peuplées de races congénères, s'étendaient de part et d'autre d'une frontière que n'avait pas marquée la nature, et elles continuèrent toujours à se sentir unies malgré leur séparation politique. L'astrolâtrie chaldéenne donnait au Soleil la prééminence sur tous les autres dieux et elle aboutit à ce panthéisme solaire qui fut l'effort suprême de la théologie païenne. Le triomphe de ce système amena une transformation absolue de l'eschatologie : On ne crut plus que les morts descendaient dans le sein de la. terre, pour y mener une morne et pâle existence ; le principe igné qui nous anime remontait au ciel pour y vivre au milieu des étoilesj divines. Cette immortalité astrale, nous l'avons vu (p. 147), peut êtr« conçue sous diverses formes, elle peut être luni-solaire, planétaire, stellaire. Mais toujours règne l'idée que les âmes pieuses échappent à l'oppression d'une nécessité déterminée par les révolutions du ciel, participent à l'éternité des dieux sidéraux auxquels elles sont égalées.

Un recueil de vers, les « Oracles chaldaïques » (Aoyia j^aXSaixà), est pour

1. A. H, Kan, Jiip-piter Dolichénus, Lciden, 1943 j c£, R. A., 1945, p. 174. M. Merlat a. terminé la rédaction d'une thèse consacrée à ce culte avant tout mditaire.

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