Relig. orient., p. 259, n. 63. Cf. N. C. XII
l'Orient ce que le Pàmèaiidrès hermétique est pour l'Egypte, c'est-à-dire que les croyances indigènes y ont été relevées en les assaisoinnant d'une forte proportion d'ingrédients philosophiques. Prétendue révélation probablement composée au ne siècle de notre ère par Julien le Théurge, ces oracles furent le livre sacré d'une secte que son adoration du Feu rapproche des Mages perses, mais que la fantasmagorie des esprits qu'elle imagine, apparente au gnosticisme. Ils devinrent la Bible des derniers théurges platoniciens et de leur culte secret', et nous aurons à en reparler à leur propos. Ils nous révèlent les mêmes préoccupations qui caractérisent l'hermétisme et elles y sont satisfaites d'une manière analogue. Une philosophie syncrétique y est utilisée pour enseigner à l'homme comment il peut purifier son âme de la pollution qu'elle contracte en s'unissant à un corps. Elle apprend à se libérer par la théurgie de la tyrannie du Fatum, montre comment échapper à la nécessité de la métempsycose pour retourner, avec le secours du soleil, vers un Dieu transcendant.
Si l'on considère dans son ensemble ce dogme de l'immortalité astrale tel qu'il fut propagé par les cultes iraniens et sémitiques, on sera frappé de sa similitude avec les doctrines enseignées déjà dans la Grèce ancienne par le pythagorisme. Ce n'est point là une rencontre fortuite. L'idée que les âmes sont parentes du feu céleste, en descendent à la naissance et y remontent après la mort, fut selon toute probabilité, nous l'avons montré précédemment (p. 144), empruntée par les disciples de Pythagore à ces « Maguséens » d'Anatolie qui furent les propagateurs d'un mazdéisme chaldaïsé. Les philosophes grecs selon leur coutume précisèrent, justifièrent et développèrent cette doctrine orientale. Ils subirent une seconde fois l'ascendant de la religion scientifique des « Chaldéens » à l'époqUe hellénistique, lorsqu'ils reçurent d'eux' l'astrologie. Mais ils réagirent à leur tour sur les mystères orientaux quand ceux-ci se répandirent dans le monde gréco-romain. Il se produisit ainsi ime série d'actions et de réactions dont le détail nous échappe. Mais le fait essentiel est que l'enseignement des écoles et celui des temples furent ici concordants et concomitants, et que la prédication religieuse fut appuyée par une discipline philosophique. Cette double propagande explique comment, au déclin du paganisme, la croyance à l'immortalité céleste s'imposa irrésistiblement à la société romaine. ' ;