Hérodote, VII
8. Cf. Benndorf, Das Herdon von Giôlbaschi, Vienne, 1899, p- 31. i |
voyage vers l'Hadès, est certaine pour les monuments Étrusques, où le véhicule qui transporte le mort est accompagné de démons infernaux*. Les cippes romains, fréquents dans la haute Italie, qui reproduisent le vieux motif étrusque, n'ont point d'autre signification*. De même, lorsqu'on place dans les tombes près du cadavre des réductions de chars en terre cuite, c'est certainement dans l'intention de faciliter ainsi au défunt ses courses posthumes ', comme lorsqu'on y dépose une petite barque on entend lui procurer une traversée rapide.
^Toutefois aux antiques croyances qui s'attachaient à un rite ancestral s'étaient mêlées, en certaines régions, des idées mystiques encore mal élucidées. L'exploration archéologique des tumulus a prouvé que l'inhumation de chars a continué d'être pratiquée jusqu'à l'époque impériale, non seulement chez les Thraces des Balkans et les Illyriens de Pannonie, mais parmi les populations indigènes de Germanie et de Belgique. Or M. Alfôldi a reconnu que ces chars funéraires étaient décorés d'une profusion d'emblèmes dionysiaques, et il a pensé, non sans raison, que ces symboles faisaient allusion aux joies d'outre-tombe dont les mystères bachiques donnaient l'espoir aux initiés *j Il est difficile de préciser le motif de la connexion établie entre les bacchanales et le bige ou le quadrige qu'on enterrait. Peut-être l'expédition triomphale de Dionysos dans l'Inde, où il avait conquis un pays merveilleux", a-t-elle été mise en relation avec le voyage que les mystes, vainqueurs de la mort, accomplissaient vers le séjour des Bienheureux.
On sera frappé de ce fait que les chevaux attelés à ces véhicules funéraires, sont souvent ailés®. Déjà à l'époque minoënne, les griffons d'Haghia Triada l'étaient pareillement'. Il en est de même au vi^ siècle de l'attelage figuré sur le beau char de bronze de Monteleone en Ombrie, exécuté pour quelque seigneur étrusque par un artiste ionien ou un indigène ayant été à l'école des Grecs *. La même particularité se retrouve sur les stèles funéraires étrus-
1. De Ruyt, p. 129 ss. ; cf. Macchioro, p. 67 [59], n. 331 j Malten, /. c, p. 231, n. i.
2. Macchioro, /. c. ; Schrôder, Bonner Jahrbûcher, 1902, CVIII, p. 69 ; Et. syr.,p. 102, n. 3. De même à Chypre : Perrot-Chipier, tome III, p. 620, fig. p. 410 ss,. Dans les Balkans : Kazarov, Oesterr. Jahresb., 1930, XXVI (stèle de Mesembria). Tombe de Kazanlik en Thrace avec représentation d'un quadrige : Am. ]. A., i945> XLIX, p. 402 ss.