‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 310 sur 468 · Cf. M. M. M.y I, p. 177 ss · texte numérisé non relu

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ment de cette croyance très répandue chez les peuples primitifs que le disque radieux qui se meut chaque jour de l'Orient à l'Occident, est une roue courant sur le firmament ' . Les chevaux de feu et le char de feu qui enlevèrent le prophète Elie dans un tourbillon, sont très probablement ceux de Shamash, le dieii solaire babylonien *. De même la légende sacrée de Mithra racontait que ce dieu, sa mission terrestre accomplie, avait été emporté par le Soleil, son allié; vers les sphères célestes, par-dessus l'océan ; et le sort triomphal qu'il avait conquis pour lui-même, il l'accordait aussi à ses fidèles ^

Les empereurs surtout devaient devenir après leur mort les compagnons du Soleil invincible, comme ils avaient été ses protégés durant leur vie, et être conduits par lui vers les voûtes éternelles. Lucain et Stace prédisent ce destin glorieux à Néron et Domitien*', Et ce ne sont pas là des flatteries emphatiques, inspirées à des poètes de cour par une adulation servile. Un papyrus, trouvé dans la Haute-Egypte, nous montre la foi en cette forme d'apothéose répandue jusqu'aux extrémités de l'Empire. Phébus lui-même annonce au peuple la mort de Trajan et l'avènement de son successeur. « Je viens », dit le dieu en propres termes « de m'élever avec Trajan sur un char attelé de chevaux blancs et j'arrive vers toi pour t'annoncer qu'un nouveau prince, Hadrien, s'est soumis toutes choses grâce à sa vertu et à la Fortune de son divin père » ^ . Cette déification, obtenue par l'entremise du Soleil, faisant place au souverain sur son quadrige, resta un article de foi jusqu'à la fin du paganisme. Un panég^'^riste de Constantin assure que, son père Constance, qui mourut à York aux confins occidentaux du monde, avait partagé la course nocturne de l'astre du jour pour remonter avec lui de l'Orient au zénith ", et un oracle rendu à Julien l'Apostat lui prédisait qu'après avoir vaincu les Perses il serait conduit vers l'Olympe sur un char flamboyant, secoué dans les tourbillons de l'orage, pour atteindre le palais de son père dans la lumière éthérée '. Julien se regardait en effet comme le fils spirituel du Soleil qu'il espérait aller rejoindre*.

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