CHAPITRE VIL — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES
qui ont formulé ses préceptes, partageaient le scepticisme scientiste des clercs de l'âge hellénistique. Les espérances dont les vieilles religions avaient bercé riiumanité étaient fallacieuses. C'était de leur vivant que ceux qui contemplaient avec une ferveur intense le ciel étoile, pouvaient être transportés, dans le ravissement de T'extase, au milieu des divinités sidérales qui leur révélaient leur natuie et la cause de leurs mouvements harmonieux ^. Ptolémée a iraduit cette conviction en des vers expressifs^ :
/e ne viîs, je le sais, qu'un seul jour et je meurs
Mdis lorsque mon esprit des astres suit les chœurs, Mes pas quittent la terre, et je me rassasie, Festoyant avec Zeus, de divine ambroisie.
Le mysticisme astral se suffisait à ''■■ lui-même, et il pouvait se combiner avec une philosophie qui limitait toute certitude à la vie présente.
Si telle a été l'attitude de l'astrologie érudite à l'égard de la vie future, cependant en une doctrine aberrante, qui n'a pas été transmise dans les traités des doctes généthlialogues, s'est maintenue la croyance à des peines posthumes. Des souffrances n'y sont pas infligées aux ombres des trépassés comme un châtiment de leurs fautes ; elles sont indépendantes de leur innocence ou de leur culpabilité et sont la conséquence du moment où s'est produit le décès. Cette malédiction s'attache aux morts prématurées.
Virgile, on s'en souviendra, décrivant dans le sixième livre de l'Enéide la descente de son héros aux Enfers, lui fait rencontrer d'abord en deçà du Styx la foule suppliante des morts à qui Charon refuse le passage ^ Ce sont <:eux qui n'ont pas été inhumés ; ils sont condamnés à errer pendant cent ans et à voltiger sur les bords du fleuve infernal. La croyance que certains rites doivent être accomplis sur la tombe pour que le défunt puisse être reçu dans