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CHAPITRE VII. — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES

a; accueilli ce classement, c'est, on peut le croire, pour avoir l'ocdasion de décrire la rencontre aux Enfers d'Énée et de Didon. Son énumération n'est d'ailleurs pas exhaustive, mais éclectique, car beaucoup d'autres espèces de morts violentes, ont été passées sous silence afin d'éviter une monotonie fastidieuse.

De la description poétique de Virgile on a depuis longtemps rapproché un passage de Tertullien' qui, combattant les erreurs païennes, cite pareillement, après avoir parlé des insepulti, les inmaturi (acopotl et innupti (àya[j.ot), puis mentionne les suppliciés, la première des quatre subdivisions de Virgile. L'apologiste latin ne pousse pas plus loin son dénombrement, mais ses indications partielles suffisent à montrer que ses données remontent à la même source qu'a utilisée Virgile. Seulement il nous apprend — ce que le poète a omis de nous dire, — la raison pour laquelle ces uhori et hiothanati demeurent exclus des Enfers : victimes d'une mort prématurée, les uns et les autres sont obligés d'errer sur la terre jusqu'à ce que se soit écoulé le nombre des années qu'aurait dû atteindre leur vie, si un accident fatal n'en avait interrompu le cours. Servius confirme la précieuse indication du polémiste africain et attribue cette doctrine aux Physici ' . Les érudits ont relevé encore de? analogies entre la classification de Virgile et la nomenclature des diverses espèces de mort que donnent Lucien dans son Cataplus ^ et Olympiodore dans ses notes sur le Phédon^. Norden a conclu de ces recherches que Virgile a adopté dans sa descente aux Enfers un système « théologique » pré-existant, qu'il a tant bien que mal combiné avec la tradition mythologique s. Pouvons-nous retrouver l'inventeur et les élaborateurs ou du moins les propagateurs de ce système ?:

Beaucoup de peuples ont cru que les enfants morts en bas âge avaient dans l'au-delà une condition différente de celle des adultes, et ils ont observé.

I- TertuU., De anima, S5, 4 ss. ; 56, 6. Cf. Mages helL, II, p. 287 (Ostanès, fr. 13). i- Servins, Aen., IV, 386 ; VI, 545.

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