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CHAPITRE VII. — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES

pitres sur ce sujet (Tcepl y povwv ^w^ç)*- La fin naturelle peut être hâtée par l'intervention d'un astre meurtrier (àvatp£TYiç), c'est-à-dire de Saturne' ou de Mars, qui, dans certaines conditions, provoquent de brusques décès. Parfois ils ravissent les bébés à la mamelle, avant qu'une révolution du soleil soit accomplie : ce sont les aTpoç)ot ou non nutriti, auxquels fait allusion Virgile, Et l'énorme proportion de La mortalité infantile dans le monde romain donnait un intérêt toujours brûlant au sort des « ahores » ^ Parfois les planètes maléfiques n'accordent au nouveau-né qu'une brève existence bientôt tranchée (àypovot) ou bien enlèvent des adolescents avant qu'un mariage ait pu leur assurer une postérité : les àya^o-oi ou innupti de Tertullien ; ou encore elles provoquent des accidents qui brusquement mettent fin à une carrière inachevée. Les traités d'astrologie consacrent ainsi des prédictions aux enfants morts en bas âge en même temps qu'à toutes les espèces de « biothanates », dont ils se plaisent à détailler la variété. Les mots mêmes de biueothanati , dont se sert Tertullien, ou par contraction biothanati, en grec [3tato0àvaTot ou [3toQàvaTot, sont des termes techniques, appartenant d''abord en propre au langage des astrologues et qui ont été introduits par eux dans l'usage grec et latine La présence, parmi ces accidents, des victimes de l'amour est due à l'intervention de Vénus dans une conjonction maléfique, comme celle des victimes de la guerre à l'influence de Mars dans un lieu défavorable ''^ .

On trouvera une double confirmation de l'origine orientale que nous assignons à ces idées superstitieuses, si l'on examine d'une part les textes cunéiformes, de l'autre les écrits des astrologues grecs. Les Babyloniens nous ont laissé un grand nombre de conjurations des esprits des morts où sont énumérées les diverses espèces de spectres qui apparaissent aux vivants ^ On y distingue

1. Ptolémée, Z^éirab., III, 11 ; Vettius Valens, IX, 8 ss. ; Héphaistion, II, 11, etc.

2. Sur les 200 inscriptions du cimetière de l'Isola sacra, environ 25 mentionnent des morts en bas âge, soit environ 12 pour cent ; cf. Cabsa La Necropoli del Porto di Roma, ^9403 P- 269. Enorme mortalité infantile en Egypte : cf. Hombert-Préaux, Chronique ^'Egypte, 1945, p. 139 ss.

3- Cf. Liddell-Scottj s. v. PiatoÔâvaxo!;, piato6avaxETv. Z!,hes. l. Z., s. v. « Biaeothanatus », « biothanatus ». Le substantif composé paraît avoir été encore inusité au temps d'Aristote, qui dit de Socrate (fr. 32, Rose) : Màyov Ttvà ÈX9ôvxa èv. Suptaç eiç 'AO/|Vai; xata-^vCivai plaiov è'aEaOai ttiv teXeutyiv aùxiL. Mais cf. Lampride, Héliogabale, 33, 2 : « Praedictum eidem erat a sacerdotibus Syris biothanatum se futurum. »

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