Cf. p. ex., C. E., Suppl. 1948 ; Tertull., De anima
4. Cf. L'Opuscule de Pediasimos Dsp'. lirTaiiT^vcov, R. B. Ph., 1923, II, pp. 5-ai.
ne les tendant pas assez, ne peut les faire résonner. Or ces lois harmoniques réglaient nécessairement non seulement la formation de l'homme, mais sa dissolution : « C'est un rapport fixe et déterminé de nombres, dit un philosophe i, qui unit les âmes aux corps, et, tant qu'il subsiste, ce corps continue d'être animé, mais dès qu'il fait défaut, l'énergie cachée qui maintenait cette union, se dissout — et c'est ce que nous appelons destin et temps fatal de la vie » , Or, quand le terme voulu par la nature est atteint, l'âme se détache sans effort du corps où son office ne peut plus s"exercer, mais lorsqu'elle en est chassée brutalement et que le lien qui les joignait est brisé par la force, elle en est troublée et subit un mal qui la corrompt.
Ces idées avaient pénétré profondément dans la conscience populaire. La distinction entre une fin naturelle où s'accomplit sans résistance et sans peine notre destinée, et celle que provoque brusquement une intervention étrangère, est fréquemment marquée, non seulement dans la littérature^, mais dans les inscriptions funéraires 2. Ainsi l'épitaphe d'une jeune femme de vingt-huit ans, victime supposée d'un sortilège, dit : « Son esprit fut arraché par la violence plutôt que rendu à la nature » — qui le lui avait prêté ; — « de ce forfait les Mânes et les dieux célestes seront les vengeurs ^ ». Parmi beaucoup d''autres je choisirai encore une inscription métrique de Capri dont la prière trahit la crainte qu'éprouve une jeune morte de ne pouvoir pénétrer dans le séjour des Bienheureux : « Vous qui habitez la contrée du Styx, démons bienfaisants, accueillez-moi aussi dans THadès, malheureuse qui n'ai point été emportée par un arrêt des Moires, mais par une mort violente et soudaine par suite d'un courroux injuste » ^. Plus pittoresque est une épitaphe gauloise d'un jeune homme de dix-neuf ans : « Les choses humaines sont comme les citrons qui tombent quand ils sont mûrs, ou non mûrs sont cueillis » ^.
Nous en avons dit assez pour définir exactement ce que les anciens, entetidaient par tin décès prématuré.
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1. Macirabe, Comm. Somn. Scif., I, 13, 10, probablement d'après un commentaire de Plotin, I, 9 (p. 133, 4, Br.) par Porphyre. Cf. infra, ch. VIII, p. 366, et N. C. XVIII. — Cf. sur cette harmonie, Cic, Z^usc, I, 19 ; Philon, De somniis, I, 22, § 139 ; Hermès Trism. dans Stobée IV, 52, 47. Ps. Asclefius, 27.