CHAPITRE VII. — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PRÉMATURÉES
héros un enfant de huit ans à la prière de son père et de sa mèrei ; et à Srayrne des parents élèvent un tombeau à un bébé de quatre ans, doucement chéri, leur dieu secourable lOebç èitYixooç)^. C'est à quatre ans que mourut aussi, en 309, le fils de Maxence, Romulus, à qui son père fit consacrer un temple {divo Ro-mulo) dans le cirque de la Voie Appienne*.
Ces illusions du sentiment sont éternelles. Rien de plus fréquent dans nos cimetières que de lire sur des tombes des invocations comme « Cher ange, au ciel prie pour nous », ou d'y voir figurer un bébé s'envolant avec des putti ailés. Cette foi est peut-être touchante, mais son orthodoxie est douteuse, car, sauf Origène*, les docteurs de l'Église n'ont jamais adopté, pensons-nous, la doctrine que des âmes humaines puissent se transformer en esprits angéliques, équivalents des héros grecs. Mais sur les plus vieilles épitaphes chrétiennes se trouve déjà exprimée & la conviction que les enfants, étant sans péché, sont conduits par les anges au séjour des Élus, et y intercèdent en faveur de leurs parents : « Sois reçue, ma fille, au nombre des âmes pieuses, parce que ta vie fut exempte de toute faute, car tu ne recherchais que les jeux de ton jeune âge » dit une inscription métrique qui se lisait autrefois sous le portique de Saint-Pierre*. Une autre, plus ancienne, est ainsi conçue : « Eusebius, enfant sans péché à cause de son âge, admis au séjour des saints, y repose en paix ^. » L'on pourrait citer beaucoup de textes analogues dont certains se terminent par l'invocation « pete pro nobis ». La pureté de ces âmes sans tache méritait que Dieu exauçât leur intercession *.
Toutefois les idées superstitieuses qu'avaient largement répandues l'astrologie et la magie sur les tourments que subissaient les « ahores », ne devaient pas être rapidement rejetées, ni disparaître entièrement. Les craintes que l'on avait pour les âmes exclues des Champs-Elysées, furent transportées aux enfants morts sans baptême. Des controverses infinies divisèrent les théologiens
i.LG.R., IV, 1377. : ;