‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 355 sur 468 · CIL, VI, II 38 = Dessau · texte numérisé non relu

CIL, VI, II 38 = Dessau

4'. Bréhier, Doctrines -philos, de Philon, 1908, p. ia8 ss.. Cf. Dôlger, A. C, II, 36 ss.

5- Diehl, 3354 ; cf. 3355 ; Cabrol, s. v. « Aiiges », p. 2125 ; p. 2130. Cf. Peterson, ^om. Quartalschr., 1934, p. 176.

6- CE., 1439 ; cf. 1400. Am. J. Arch., 1932, XXXVI, p. 460, n° 18.

7- Cabiiol et Leclercq, Reliquiae liturgicae vetustissimae, I, 1912, n" 2917 ; cf. 2974,

8. Diehl, 2335 ss., 2345 A. Cf. Assemani, S. E-phrem Syri opéra, VI, 1743, p. 299 : *^ Parvulis pueris sedes in caelo super astra dabis ; illos pro nobis oro... puras enim scitnus esse puerorum preces ».

à propos de ces créatures innocentes et cependant condamnées. Privées de la vision béatifique de Dieu, elles furent reléguées hors du Paradis '. Toute une littérature apocryphe servit de véhicule aux vieilles croyances pour les faire passer de l'antiquité au moyen-âge. Le document le plus ancien qui favorisa la transmission est cette Apocalypse de Pierre, dont nous avons parlé à propos des supplices des danmés (p. 223). Des fragments conservés de cette œuvre étrange nous révèlent que les enfants qui étaient le fruit d'un avortement, ou avaie*nt été exposés, étaient confiés aux soins d'un ange qui les instruisait, et leurs âmes vivaient la même vie que si elles étaient restées jointes à leurs corps ; puis, au bout de cent ans, elles obtenaient d'être réunies à celles des fidèles^. Cent ans est, selon une doctrine très accréditée, la durée normale de l'existence humaine 3. Ces âmes, privées de leur séjour sur la terre, accomplissaient donc, avant d'être admises au ciel, le cycle entier des années qu'elles auraient dû passer ici-bas. Il y a là un souvenir manifeste de la condition transitoire, de la vie complémentaire que le paganisme attribuait aux « ahores », avant de leur ouvrir l'accès de l'Hadès.

Mais ce sont là des doctrines aberrantes, résidus d'un système périmé. Dans le paganisme finissant, comme dans le christianisme grandissant, s'affirme et s'impose la conviction que, comme disait Ménandre en un autre sens-*^, celui qu'aiment les dieux meurt jeune.

Les hommes dont les jours étaient écourtés par un accident brutal ne formaient pas comme les « ahores » une classe uniforme, et l'on voulut par suite les soumettre à des traitements différents. Les théoriciens distinguaient en effet plusieurs catégories de « biothanates », dont quatre sont énumérées par Virgile. Cette classification semble bien, nous l'avons vu (p. 308), avoir pour auteurs les astrologues qui prétendirent dénombrer, selon la position des étoiles, les genres de mort réservés aux victimes des planètes meurtrières et

1. Cf. Diction, de théologie cathol., s. v. «Baptême», p, 364 ss, ; Norden, p. 14, n. !•

2. Clément Alex., Eclog. ex Pro2>Â., 41 et 48 ; Méthode, 5;ym^05., II, 6 (P. G., XVIII, 58)-

3. Varron, L. lat., VI, 11 ; Servius, Aen., VI, 325 ; cf. Platon, Républ., X, 616 a; Schulze, l. c. '[supra, p. 313, note i], p. 702 et ch. I.

4. Ménandre (fr. 125, Kock) est traduit en latin CIL, VI, 19716 = Dessau, « Quaffl di amaverunt, haec moritur infa(n)s », Cf. Riese, Anthol. lat., I, i (Cod. Salmas. 92.) '• l'enfant chrétien est mort précocement parce qti'il a pliu à Dieu. Cf. S. Cyprien, De mottalitate, 23 (I, p. 311, 20).

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