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CHAPITRE VII. — L'ASTROLOGIE ET LES MORTS PREMATUREES

prédire si ces malheureux seraient noyés, brûlés, écrasés, empoisonnés, pendus, décapités, crucifiés, empalés, tués à la guerre, dévorés par les bêtes, ou subiraient quelque torture plus atroce encore*'. Ce sont aussi les défenseurs du fatalisme sidéral et les adeptes de la magie qui enseignaient qu'un destin inexorable soumettait encore tous ces infortunés à de longues souffrances après leur trépas. Mais ni la religion ni la philosophie n'acceptèrent jamais cette condamnation en bloc de réprouvés dont le caractère et la culpabilité étaient très variables.

Une antique croyance voulait que parmi les morts violentes, il en fût une qui, loin de présager des maux posthumes pour celui qui y succombait, pouvait lui assurer une existence divine. C'était celle des personnes frappées de la foudre*. Les effets extraordinaires produits par le feu du ciel dans le fracas des orages émouvaient l'imagination populaire, et ils ont dorme naissance à d'étranges préjugés'. On racontait que la foudre épargnait les dormeurs et ne tuait personne pendant son sommeil. Le corps du foudroyé étant parfois retrouvé intact sans que l'on comprît pourquoi la vie l'avait abandonné, l'on se figura, que ce corps ne pouvait être réduit en cendres et qu'il se conservait à jamais sans se corrompre*. A Rome où la discipline étrusque des libri fulgiifales avait minutieusement traité de tout ce qui concernait l'éclair et le tonnerre, d'antiques prescriptions avaient réglé les cérémonies à accomplir là où était tombée la foudre^ : le sol noirci par celle-ci devait être enfoui par les haruspices {fnlmen condituni) dans ce bid\ental que la divinité elle-même avait voulu lui être consacré. Pareillement si quelqu'un avait péri foudroyé, une loi attribuée à Numa défend de le transporter ailleurs, de le soulever même sur les genoux, et d'observer pour lui les rites funèbres". Il devait être inhumé à l'endroit même où il avait été tué. Il y était abandonné, dans ce lieu interdit qu'entourait une clôture, et où nul ne pouvait plus entrer ''.

Des pratiques semblables se retrouvent en Grèce. Les lieux que l'éclair

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