I. — Plotin
On se souviendra de l'apostrophe du prêtre de Sais à Solon, telle que la rapporte le Timéei : « Vous autres, Grecs, vous êtes toujours des enfants. Vous n'avez dans l'esprit aucune opinion ancienne provenant d'une vieille tradition, aucune science blanchie par le temps ». L'anecdote est peut-être fictive, mais elle exprime bien cette supériorité, souvent affichée 2, dont se targuaient les clergés orientaux à l'égard de peuples jeunes et novices par comparaison avec les leurs. L'orgueil que leur inspirait l'antiquité de leur culture, leur prétention d'être les dépositaires d'une vérité transmise par de lointains ancêtres, les portaient à dédaigner la courte sagesse des Hellènes. Lorsque les cultes de l'Orient triomphèrent dans l'Empire romain, ils y. apportèrent la conviction que, bien avant le développement de la science hellénique, les pays dont ils étaient originaires avaient, à l'aube de l'humanité, obtenu la communication d'une sagesse divine, et cette opinion, ils la firent accepter des philosophes eux-mêmes. On vit