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I- Platon, V.iméé, 22 b-c

, 2. Cf. p. ex., Hérod., II, 142 ss. ; Festugière, Hermès Vrism., I, p. 20 ss. Cf. Festugière, R. H. Rel., 1942, CXXV, p. 32-57 ; colloques supposés entre Grecs et Orientaux.

le rationalisme hellénique, s 'humiliant devant la théologie barbare, en reconnaître la primauté et mettre sa dialectique au service de prétendues révélations dont l'Asie aurait autrefois été favorisée. L'histoire du néoplatonisme nous montrera jusqu'à Jamblique la pensée philosophique progressivement envahie par la religiosité et les superstitions du Levant.

Cette prééminence souvent accordée à l'Orient est reconnue explicitement, dès le IP- siècle de notre ère, par le Pythagoricien Numénius d'Apamée', précurseur des Néoplatoniciens, qui utilisèrent largement ses écrits. Porphyre les mit fréquemment à contribution, et déjà Plotin y cherchait des thèmes de discussions pour ses exercices scolaires. Ses ennemis l'accusèrent même de les avoir plagiés, et il fallut que son disciple Amélius le défendît contre cette calomnie". Or Numénius soutenait que Platon était le disciple de Pythagore, mais que celui-ci s'était instruit chez les barbares. Il fallait donc, pour retrouver dans toute sa pureté la sagesse primitive, remonter jusqu'à sa source chez les « nations fameuses » qui, les premières, en avaient obtenu la connaissance, et s'initier aux mystères des Brahmanes, des Juifs, des Mages, des Égyptiens, qui, tous, s'accordaient avec Platon ^ Un syncrétisme aussi large ne pouvait être obtenu qu'au prix d'interprétations toujours tendancieuses et parfois extravagantes. De fait la valeur éminente que Numénius attribuait aux doctrines de l'ancien Orient transparaît dans tout ce que nous connaissons de son système, dont la cosmologie et la psychologie sont nettement dualistes*.

Nulle part elle ne se manifeste avec plus d'évidence que dans ses théories sur la destinée des âmes. Il se fit le propagateur de la croyance d'origine chaldéo-iranienne que ces âmes descendaient sur la terre et remontaient d'ici bas en traversant les sphères astrales. Selon lui elles franchissaient, le ciel des fixes par la porte du Cancer, puis les cercles des planètes, dont chacune successivement leur communiquait les qualités et les passions qui leur étaient propres ^ Leur vie terrestre accomplie, elles allaient d'abord se présenter

1. Leemans, Studie over Numénius van A-pamea (Mém. Acad. Belgique, XXXVII)i 1937; Bentler, R. E., Suppl. VII, c. 664 ss., s. v. «Numénius»; H. Ch. Puecb, Numénius d'A-pamée et les théologies orientales au 11° siècle (dans Mélanges Bideii Ann. Inst. orient, belge, II), 1934 ; cf. Henry, A. C, 1937, VI, p. 399 ss.

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