‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 379 sur 468 · IK V, 3, 17 (p. 73, Br.). - N. C. XXIV · texte numérisé non relu

IK V, 3, 17 (p. 73, Br.). - N. C. XXIV

monde intelligible, mais aussi celui de l'âme jusqu'aux confins inférieurs de la réalité ; car il y a, non pas cloisonnement, mais interpénétration constante entre le Bien et le Nous, comme entre le Nous et l'Ame. La création n'est pas un acte de la volonté divine accompli une fois à un moment donné — ce qui impliquerait que l'univers n'a pas été parfait dès l'origine — mais une fécondité éternelle et ininterrompue, ' qui ne trouble pas le repos inaltérable de son auteur. Les êtres atteignant à la perfection ne peuvent rester stériles : l'Être parfait engendre donc éternellement. Ce qu'il engendre est inférieur à lui, mais ce qu'il y a de plus grand après lui : le Nous ou Intellect ^. Cette intelligence suprême est d'une part l'archétype de l'ensemble des Idées, modèles et formes de tout ce qui existe dans le monde sensible. Ainsi le Nous renferme en soi dans une immobilité perpétuelle tous les êtres immortels, tout dieu, toute âme ; il est la réunion de toutes les essences cosmiques, une sublimation du monde sensible, soustraite à la matérialité qui implique le changement. D'autre part, de même que la méditation intérieure est la plus haute activité de l'intelligence humaine, le Nous se contemple lui-même. II est la lumière suprême, qui se suffit pour voir : car ce qu'elle voit, c'est ellemême^. «": Pour le Noi7s la vision se confond avec l'objet visible, l'objet

visible est tel que la vision, et la vision telle que son objet

Le Nous, essence parfaite comme l'Un, doit pareillement être fécond. Il a produit de toute éternité une image de lui-même : l'Ame universelle, troisième hypostase. Occupant une position inte]*médiaire entré le monde intelligible et le monde sensible, elle est en relation avec l'un et avec l'autre. D'une part elle se rattache au Nous dont elle émane, et par suite elle appartient au monde intelligible, et est divine. Comme telle, son activité propre est la contemplation du Nous ; le reste lui vient du dehors. Car, placée aux confins de la nature sensible, elle lui donne quelque chose d'elle-même et en reçoit quelque chose en échange*. De même que la parole humaine est l'expression de la raison qui est en- nous, l'âme est le verbe du Nous et l'énergie en vertu de laquelle celui-ci projette la vie pour faire subsister les autres êtres, conime le feu a une chaleur interne et répand cette chaleur autour de lui • Ainsi l'âme anime et dirige l'univers, dont toutes les parties vivent grâce à

Page 1