Ih., I, 8, 2 (p. 116); cf. I, 9, 10 (p
7 Ibid., I, 7, I (p. 108); V, I, 8 (p. 26); III, 9, 9 (p. 176).
o- Porphyre, V. Plot., 23. — W. R. Inge a noté que l'extase est pour Plotin, et ^ussi pour Porphyre, qui ne l'aurait obtenue qu'une seule fois à l'âge de soixante-huit ^s, une faveur très exceptionnelle. Au contraire chez certains mystiques chrétiens cUe se présente comme un état fréquent et prolongé. Plotin n'eût pas approuvé les iiMyens pratiqués délibérément par eux pour y atteindre. L'esprit helléniq ue est en général hostile à cette forme de l'ascétisme, et Plotin ne le renie pas entièrement.
illumination soudaine, qui nous envahit et nous comble de béatitude. Cette joie inexprimable ne peut être comparée qu'à l'exaltation de l'ivresse ou aux transports de l'amour. Toute activité sensitive ou rationnelle disparaît, la pensée ne s'exerce plus, la conscience même est abolie, et l'âme jouit d'un repos délicieux dans le sein de l'Être i.
Mais pourquoi l'âme ne se maintient-elle pas dà-haut dans cet état bienheureux ? Parce qu'elle n'est pas entièrement sortie de ce bas monde et que son corps la replonge bientôt dans la vie sensible. C'est seulement lorsqu'elle aura cessé d'être en contact avec cette gangue délétère, après le trépas, que la contemplation pourra être pour elle indéfinie et ininterrompue ^
La conception que se fait Plotin de l'ascension des âmes désincarnées suggère la même observation que celle de leur descente. Il associe dans son langage, et même dans sa pensée, la vieille doctrine de l'immortalité astrale, que lui imposait l'adoption de celle-ci par Platon, avec un mysticisme qui s'élève au-delà de l'intelligible. Les âmes qui sont là-haut, dit-il dans un passage que nous suivons pas à pas, ^ sont, les unes dans le monde sensible, les autres en dehors. Les premières séjournent soit dans le soleil ou une autre planète, soit dans le ciel des fixes, chacune selon que sa raison s'est comportée ici-bas. Car notre âme est unie non seulement au monde intelligible, mais à l'Ame du monde, celle qui se distribue dans les astres selon la diversité de ses puissances. Chacune des âmes humaines, lorsqu'elle est libérée, va dans l'astre qui répond au caractère qu'elle s'est acquis par ses actions en cette vie. Quant aux âmes supérieures, qui sont sorties du monde sensible^ « leur nature dépasse celle des démons ; elles ont surmonté toute la fatalité des naissances, et l'ordre entier des choses visibles ». Dans leur ascension elles se dépouillent des vêtements dont elles s'étaient enveloppés dans leur descente*, comme dans les mystères se dévêtent les initiés qui doivent se purifier, et ayant abandonné tout ce qui est étranger à Dieu, chacune voit seule à seul, dans sa simplicité et sa pureté l'Être dont tout dépend, principe de la vie et de l'intelligence. A mesure que l'âme s'élève, si elle ne perd pas ses facultés inférieures, celles-ci deviennent inactives et ne sont conservées que virtuellement, en puissance. Lorsqu'elle quitte ce monde sensible, elle abandonne tout ce qui
1. Enn., VI, 7, 34 ss. (p. 108 Br.); cf. IV, .9, i (p. 216 Br.) ; et ZeUer, Philo^' Griech., III, 2, p. 615 ss.