Ibid
7; Porphyre : Zeller, Philos. Gr., III, 2, p. 636 ss.5 J. Bidez, Vie de Porphyre (Recueil de travaux Univ. Gand, fasc. 43), 1913.
encyclopédique*. L'aisance de son style contraste avec les phrases parfois abj-uptes et heurtées des Ennéades, S'il contribua beaucoup à élucider le système qu'avait construit Plotin, à en éclaircir, pour les intelligences moyennes, les théorèmes souvent abstrus ^, ce grand vulgarisateur n'avait ni la profondeur de sa pensée, ni sa puissance de synthèse. Il ne fut pas, le créateur d'une métaphysique originale, La tournure de son esprit le portait moins vers des effusions mystiques que vers une prédication morale. Le philosophe est avant tout, pour lui, le médecin des âmes, celui qui les guérit des passions qui les troublent ^ Sa mission est un sacerdoce. La sainteté de sa vie exige qu'il se soumette aux lois sacrées que les dieux ont imposées à leurs prêtres^ et qu'il donne l'exemple d'une abstinence totale de toute nourriture carnée*. Déduisant les conséquences pratiques du spiritualisme plotinien. Porphyre prêcha un ascétisme rigoureux que n'enseignaient pas les Ennéades s.
L'opposition entre les deux fondateurs de la nouvelle école ne se. manifeste nulle part plus nettement que dans leur foi religieuse. Porphyre n'a pas imité la réserve dédaigneuse de son maître à l'égard des pratiques du culte et des traditions sacrées. Originaire de Phénicie, il partagea d'abord la dévotion crédule du milieu où il avait grandi. Il composa dans sa première jeunesse un traité sur la Philosophie des oracles, où s'étale la plus grossière superstition/. Lors même qu'il se fut életvé à une spiritualité plus haute, il continua à interpréter les représentations des dieux, les légendes mythologiques, les rites des cérémonies sacrées, cherchant un sens profond dans leur symbolisme. Ce fut le premier philosophe, nous le disions, qui trouva une source d'inspiration dans les Oracles des théurges chaldéens et les introduisit dans les spéculations platoniciennes ^
Comment concilier une telle attitude mentale avec le pur idéalisme de Plotin et sa doctrine du retour du Nous à Dieu ?
La chute de l'âme dans le monde matériel est pour celle-ci une redoutable
I. Eunape, V. So-ph., Porphyre, p. 457, 18 ss. Didot. a. Ibid., p. 456, 51 ss.