Stob., Eclog., 1, 1058 ss
3. Extraits du Ttspt 4''^X''i'^> Stob., Eclog. ^ 859 ss.; 1058-1061.
37é LUX PERPETUA
contiennent seulement ce qui répondait, le mieux au goût de ce grand collectionneur de morceaux choisis, c'est-à-dire ceux où Jambique passait en revue les opinions divergentes de ses prédécesseurs. Sans doute avait-il fail; suivre cette partie doxographique, qui seule nous a été conservée, d'une discussion où il défendait ses propres convictions sur chaque point controversé. Mais cette partie est perdue, et nous ne pouvons, dans ces conditions, que réunir ici quelques indications générales.
L'incorporation des âmes se produit en vertu d'une nécessité inéluctable, qui détermine à la fois leur descente vers la terre et leur retour dans le monde intelligible i. Mais, à la suite de Platon let de Plotin ^, Jamblique, à côté de cette loi cosmique, attribua aussi à d'autres causes le désir éprouvé par l'âme de se plonger dans la matière, soit qu'elle le fît pour contribuer à l'élévation et à la purification des êtres d'ici-bas ^ — et elle-même échappait dans ce cas à toute pollution, — soit qu'elle fût ramenée vers le corps par la corruption de ses propres mœu;rs, — et elle ne pouvait alors le faire sans en souffrir, — soit enfin qu'elle eût été entraînée en ce bas monde malgré elle, en vertu d'un jugement qui l'y condamnait. En tout cas l'âme était soumise à une alternance constante de la vie supérieure et de la vie inférieure, que lui imposaient ses transmigrations. Mais cette métempsycose, comme l'avait déjà affirmé Porphyre*', se produisait seulement d'homme à homme et de bête à bête, car tm principe doué de raison ne pouvait animer des créatures qui en sont privées ou inversement ^.
La même idée maîtresse imposait à Jamblique de n'admettre qu'un passage transitoire des pécheurs dans les Enfers. Les mythes de Platon obligeaient ses interprètes tardifs à ne pas exclure que les réprouvés fussent condamnés à expier leurs crimes au fond du Tartare, où ils étaient châtiés par les démons ; et pour Jamblique, toujours enclin à s'accommoder des croyances du paganisme, ce Tartare ne devait pas être expliqué symboliquiement à la manière de Plotin^: il était vraiment le séjour souterrain des ombres coupables''. Mais le philosophe