CHAPITRE VIII. — LE NÉOPLATONISME
ne consentait pas que fussent éternels les supplices infligés aux âmes. Cette pérennité aurait été contraire à leur nature supérieure, qui exigeait qu'après un temps déterminé elles remontassent dans l'intelligible.
Comme tous les Néoplatoniciens, Jamblique admet que l'ascension de l'âme après la mort dépend de sa conduite pendant sa vie terrestre et d'une décision de sa volonté, qui doit être tournée vers le Bien. Porphyre avait distingué quatre classes de vertus qui favorisaient cette élévation psychique : la plus haute, dite paradigmatique, était celle où la raison ne contemplait pas seulement le Nous du dehors, mais s'identifiait avec lui. Jamblique renchérit sur son prédécesseur et ajoute une cinquième classe plus élevée encore, celle des vertus hiératiques, grâce auxquelles l'âme, par sa partie divine, dépasse le Nous pour atteindre l'Un. La fin où conduit la possession de ces vertus sacerdotales est l'union mystique avec l'Être absolu i.
La condition indispensable, nous l'avons déjà dit'', pour se frayer un chemin dans le monde supérieur, est d'avoir conservé ou recouvré une pureté parfaite. Mais conformément à ses inclinations religieuses le philosophe syrien insiste plus que ses prédécesseurs sur l'assistance que 'l'homme doit obtenir des puissances célestes. Ce secours lui est indispensable à catisie de la faiblesse et des tares de sa propre nature ^. Sans doute l'âme a-t-elle en elle-même un principe propre qui, en se détournant du monde sensible pour s'attacher à l'intelligible, peut aller se joindre à l'Etre divin. Les liens de la nécessité qui l'enchaînent ici-bas ne sont pas indissolubles pour elle, 'mais les dieux surtout ont le pouvoir de soustraire l'homme à la Fatalité qui l'cpprime, de l'affranchir de la loi du devenir et des maux qui en résultent pour lui. C'est comme êtres supérieurs au Destin et capables de le détourner qu'ils sont adorés dans les temples ''■»
Voilà donc quelques idées essentielles adoptées par Jamblique à propos du sort des âmes. Mais notre connaissance de son eschatologie reste très incomplète, nous le répétons, par suite de la perte presque totale de son livre irepi '^■oyr\c,^ dont les fragments conservés ne nous renseignent guère sur ses idées personnelles. En revanche ces extraits nous font entrevoir quelles discussions infinies fit naître parmi les Néoplatoniciens leur grande doctrine de la descente et de la remontée des âmes. De quelle zone supraterrestre,