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CHAPITRE VIII. — LE NÉOPLATONISME

Nous ne suivrons pas l'école platonicienne dans son évolution postérieure, qui devait encore durer deux siècles. Redevenue athénienne, elle tempéra les excès d'une théurgie envahissante par un retour à la sobre logique de l'aristotélisme^. Elle fut encore, il est vrai, dirigée au V^ siècle par un maître éminent, Proclus. A la fois dialecticien pénétrant, érudit d'une information sûre, croyant zélé et crédule, il s'efforça de coordonner en un vaste système tous les problèmes métaphysiques et religieux ^ dont ses prédécesseurs avaient chejrché la solution, afin d'essayer de faire obstacle par cette vaste synthèse à l'expansion incoercible de la propagande chrétienne. Mais le nombre des « Hellènes » éclairés et influents allait toujours en décroissant. Ce n'est plus par les révélations des mystères ou l'enseignement des philosophes que se forment alors les convictions de l'immense majorité de la société romaine. La résonance de la prédication païenne s'affaiblit progressivement. C'est à l'Eglise que passe le magistère des croyances sur la vie future ; c'est à elle qu'il appartiendra désormais de définir les dogmes qui s'imposeront à la conscience universelle.

En outre les travaux des épigones du platonisme n'ont obtenu qu'une diffusion tardive et très limitée dans l'Empire d'Occident. La fondation de Constantinople eut nécessairement pour effet de réduire VUrbs au rang de capitale de la seule latinité. Dans cette Rome qui, à l'époque des Antonins et des Sévères, était une ville à demi-hellénisée ou, pour mieux dire, orientalisée, la connaissance du grec se perd peu à peu du IV^ au VI^ siècle. Les Platonicien;s dont on lit les œuvres dans la société lettrée à laquelle appartient Macrobe sont ceux qui ont enseigné en Italie, Plotin et Porphyre ^ ; celles des « scolarques » athéniens n'y sont jamais citées. A plus forte raison l'ignorance du grec se généralise-t-elle en Gaule, en Espagne, en Afrique, où saint Augustin lui-même n'en posséda qu'une connaissance tardive, péniblement acquise *. Des causes générales amenèrent dans cette moitié du monde romain l'abaissement de toutes les études. La désagrégation de l'Etat eut pour conséquence fatale la décadence de l'instruction. Dans cette période dé décomposition politique et sociale où des troubles sans cesse renouvelés entretiennent un désordre permanent, où les invasions germaniques accumulent

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