‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 415 sur 468 · Cf. Henry, of. cit., p · texte numérisé non relu

Cf. Henry, of. cit., p

4. Aug., Civ. D., X, 29, 2 : « Omne corpus esse fugiendum ut (anima) beata posait permanere cum Dec » ; cf. Henry, op, cit., p. 128, 237.

5- Cf. Rétractations, I, i, 3 ; sur la préexistence de l'âme, cf. Courcelle, p. 167 ss.; et H. de Leusse, Le problème de la préexistence des âmes chez M. Victorinus Afer Ulecherches de se. religieuse, XXIX), 1930, p. 236 ss. — Cf. N. C. XXIV, XXVIII, ■<»-XIX.

De fait, il y a entre le néoplatonisme et les dogmes de l'Église plus gue des divergences secondaires, une antinomie fondamentale sur des points essentiels 1. Leur conception du caractère et de l'opération de la divinité est radicalement différente ; et l'idée de la rédemption assurée au genre humain par la souffrance d'un Dieu fait homme est inconcevable pour le pur plotinisme. Néanmoins l'idéalisme et le mysticisme, philosophiques des uns, religieux des autres, offraient tant de points de contact que le grand évêque d'Hippone garda de sa fréquentation de Plotin et de Porphyre des souvenirs indélébiles. Grâce à son autorité sans égale, ces idées continuèrent à exercer sur les spéculations médiévales leur influence hétérodoxe dissimulée et, pour ainsi dire, filtrée. L'on a dit, non sans quelque apparence de raison, que Plotin, bien que païen, a influencé la théologie chrétienne plus qu'aucun autre penseur 2.

Plus tard les idées platoniciennes, même celles de Proclus et des représentants tardifs de l'École, se répandirent dans l'Europe latine par d'autres truchements. B'oëce ne fut pas le seul intermédiaire chez qui le pavillon chrétien couvrit une marchandise de contrebande. La dernière philosophie hellénique s'infiltra dans le monde occidental dès que la connaissance des Pères de l'Église grecque s'y répandit. Mais les œuvres qui eurent à cet égard l'action la plus profonde furent celles du pseudo-Denys l'Aréopagite, dont, on s'en souviendra, un exemplaire envoyé à Louis le Débonnaire par Michel le Bègue fut traduit par Scor Erigène^ et lui inspira ces dangereuses spéculations qui furent — tardivement il est vrai — répudiées par l'Église. On peut suivre l'influence exercée par l'audacieux système de ces apocryphes syriens attribués à Denys sur les mystiques du moyen-âge* jusqu'à Maître Eckhart qui, au XIV^ siècle, puise encore abondanmient dans cette source trouble. Mais préciser ici les voies par où cheminèrent ces infiltrations païennes déborderait largement le cadre de ce livre, doctrines multiformes inclinant volontier.^ vers le panthéisme, et qui frôlent souvent l'hérésie quand elles ne s'y perdent pas. Le mysticisme des derniers païens se transmet ainsi comme ces eau:; souterraines qui jaillissent et s'épanchent à la surface du sol loin des hauteurs d'où elles sont descendues.

1. Comme l'a noté déjà Vacherot, o-p. cit. [sufra, p. 345, n. z\ en termes excellents, t. m, p. 9. — N. C. xxviii.

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