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IV. — DESCENTES AUX ENFERS

(Chapitre I, p. 64).

L'évolution de ce genre de récits a été exposée par Ettig, Acheruntica, p. 251-410. Ganschinietz a donné sur ce sujet un article très érudit à la R.E., s.v. « Katabasis ». Cf. Gruppe et Pfister dans Roscher, Lexik., s. v. « Unterwelt » ; Radermacher, Kommentar zu den Froschen des Aristophanes {Sitzungsb. Akad. Wien, phil. KL, CXCVIII, 4) 1922, p. 37 ss.j Jos. KroU, Gott und Hôlle [cf. supra, ch. IV, 11, p. 233, n. 3], P- 371 ss.

Certaines idesoentes aux Enfers appartiennent déjà à l'amcienne Egypte et à la Babylonie

(Islar, GilgameS ; cf. Ganschinietz, p. 29 ss. ; Gruppe-Pfîster, p. 35 ss.), et le mazdéisme iranien ne les a pas ignorées. Le livre d'Arta-Virâf (traduction Barthélémy, 1887) est d'époque tardive;, mais l'antiquité connaissait un voyage deZoroastre dans l'Hadès (Mages hellénisés, I, p. 113 ; II, p. 158 ss.), et le mythe d'Er dans la République de Platon est inspiré par les doctrines des Mages (Bidez, Eôs, p. 43 ss.). Le judaïsme a traité aussi le thème de voyages au pays des morts ; cf. Ad. Lods, C.-R. Ac. Inscr., 1940, 435-443. Dans la littérature grecque la série des xaraSâcrEK; tU "AiSou commence avec la Nékyia de V Odyssée, qui est en réalité une scène de nécromancie (cf. supra, p. 97), et l'ancienne poésie épique racontait celles d'autres héros (Minyas, etc. Cf. Rohde, Psyché, tr. fr., p. 249). On attribuait à Orphée une « Catabase ». Les tablettes orphico-pythago ri ciennes de la Grande Grèce nous transportent dans les Enfers (cf. supra, p. 248) et Pythagore lui-même s'y serait rendu (Isidoi-e Lévy, La légende de Pythagore, 1927, p. 79 ss.). Le mythe de l'épreuve imposée à Héraklès, qui doit s'emparer de Cerbère, est très ancien (Gruppe-Pfister, p. 39), Il devait être transformé plus tard par la philosophie religieuse {supra, p. 233). Ce motif littéraire fut exploité par le théâtre grec ; mais des scènes qu'il avait imaginées nous n'avons conservé que la parodie d'Aristophane dans les Grenouilles. Les mythes de Platon dans le Gorgias (p. 523) et dans la République (X, 12, p. 14 ss.) se rattachent directement aux révélations que prétendaient apporter les Catabases. Parmi les écrivains postérieurs qui ont recouru à cette fiction, le plus remarquable est Héraclide Pontique (Bidez, Eôs, p. 52 ss.); mais tout ce qu'avaient composé d'analogue les auteurs de l'époque hellénistique a péri. Nous ne pouvons nous en faire quelque idée que par leurs imitateurs latins, dont nous avons parlé pp. 212, 221.

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