‹ Lux perpetua [microform]Chapitre 422 sur 468 · VI. — VIE HUMAINE ET GESTATION CHEZ SÉNÈQUE · texte numérisé non relu

VI. — VIE HUMAINE ET GESTATION CHEZ SÉNÈQUE

(Chapitre III, p. 170).

La comparaison de la vie humaine avec la gestation du foetus, et de la mort avec la naissance, est développée par Sénèque, Efître 102, 23 ss. : « Quemadmodum decem mensibus tenet nos maternus utérus, et préparât non sibi sed illi loco, in quem videmur emitti iam idonei spiritum. trahere et in aperto durare, sic per hoc spatium, quod ab infantia patet in senectutem, in alium maturescimus partum, alia origo nos expectat, alius rerum status, nondum caelum nisi ex intervallo pati possumus. Proinde intrepidus horam iUam decretiorem prospice. non est animo suprema sed corpori ... excutit redeuntem natura sicut intrantem ... dies iste quem tanquam extremum reformidas, aeterni natalis est ». Juste Lipse a déjà rapproché ce pasisiage de ce que Mégasthène rapportait des Brahmanes selon Strabon fXV, i, 59, p. 712) : nleicToui; S'aûtoii; sTvai lÔYOUç Tvspî Toi3 ôavocTou • vojjliÇsiv yàp bs tov êv6â8î p(ov coc; Sv à/.[/.'/)V zuo|xÉvtj)v Eivat, TOV Se Oàvaxov yévEfftv £i<; tov ovxwç ptov xal tôv £i!i8at[j,ova xôv cptXoaoït'fiaatîi, 8iô cri à(i>tvîaei iirXsfarx^ ^^pYJo-Gat irpoç xov Ixoip-oOâvaxov. — Il n'est pas impossible que la connaissance de ce parallèle hindou soit arrivé jusqu'aux Pythagoriciens, qui l'auraient introduit dans la philosophie grecque. Aristoxène de Tarente racontait, d'après Eusèbe {Prae-p. ev., XI, 3, 8) qu'un Indien s'était entretenu de philosophie avecSocrate et aurait soutenu que la connaissance des choses divines devait précéder l'étude de la vie humaine (cf. Philostrate, V. Apoll., III, 18). Cette légende est certainement apocryphe, mais elle témoigne de la considération dont jouissait la sagesse des Brahmanes, comme celle des Mages perses et des Chaldéens, aux yeux de ce Pythagoricien du iv° siècle, élève d'Aristote (Mages hellénisés, I, pp. 17, 33). Cf. Pausanias, IV, 32, 4 ; et sftpra, p. 4. Il est certain que les découvertes de ces dernières années tendent à rendre plus vraisemblable l'existence de rapports spirituels entre l'Inde et le monde méditerranéen. La trouvaille d'un ivoire hindou delà déesse Laksmé à Pompéï — donc importé avant l'année 79 de notre ère — est venu illustrer d'une façon curieuse les rapports artistiques établis entre l'Italie et le lointain Orient (Maiuri, Le Ariî, 1939, I, p. 112 ss.). Au point de vue philosophique, Emile Bréhier a recueilli les preuves d'une conception correcte de la pensée hindoue chez les Grecs {Philoso-phie de Plotin, 1928, p. 186 ss., cf. infra, N. C. XVII). Mais d'autre part, une des réflexions de Marc Aurèle, IX, 3, 4 : 'il^ ^lït^i -n;Epi|j.îvet(; 7c6xe È'jjLSpuov Iy. i^c, yasToôi; \r\<:, Y'^''^'"''-'^'; 'OU EçÉlOr), ovixioç èy.Sé^eaOai x-f|v t5ipav sv -^ xo i}/.uj(^âpt6v uou to'J èXuxpou xoûxou êxTCEusixat (cf. supra, ch. II, p. 118) prouve que la comparaison du décès avec un accouchement s'est offerte naturellement à l'esprit de plus d'un penseur.

VII. — IMMORTALITE LUNAIRE pT SOLAIRE (Chapitre III, m, p. 178).

J'ai adopté autrefois l'opinion qu'tme inscription trouvée à Didymes pouvait servir •^e commentaire au bas-relief de Copenhague cité p. 178 {Afterlife, p. 99), cf. Wiegaixd, Ahhandl. Akad. Berlin, iço8, Bericht,Yl,^. 46':

400 LUX PERPETUA (p. 187)

ETàç TipôcOe TU(i.6ou Sspxe x-^v avu(j.«pov

>CÔpT)V AtOyVT^TOlO VT|Tt(tjV Xopouv

TjV Oîjxev "^Sttjç èv /.ûxXotaiv lê8d[j.oi<;.

Le dernier vers indiquerait que Chorô a été placée dans le septième cercle, c'est-àdire celui de la lune, qui est la plus basse des sept planètes. Mais W. VoUgraff, Mnemosyne, 1922, L, p. 256, a , fait observer que âv nuxXotcv £6S6|jlo;; pouvait être dit pour Èv ToTç èuxà >cr/:).oiî (cf. p. ex. Eschyle, Sept contre Vhèbes, 125 : iir'jXxii; ÈoodîJia'.i; pour Éit-ià TtjXaiç), et l'expression poétique signifierait simplement « caelolocavit ».

Quand j'ai écrit la "Chéologie solaire, je croyais que le fondateur de l'héliolatrie scientifique était, soit Posidonius, soit un théologien du paganisme subissant l'influence immédiate de ses idées (p. 29 ,[475])) î^ais les études récentes tendent à faire remonter ce système à une date plus ancienne. Boyancé, Songe de Sci-pion, p. 86 ss., s'attache à démontrer qu'il était connu de Cléanthe, qui plaçait le i^■^^\J.o'^■.■/.6^ dans le Soleil {Fr. Stoïc, I, fr. 499 Arnim), et qu'antérieurement à Cléanthe il avait eu pour précurseurs Heraclite et les anciens Pythagoriciens. Mais si certaines idées mises en œuvre dans cette construction eschatologique sont anciennes en Grèce, il n'en est pas de même de l'ensemble de la théorie, et de la connexion établie entre les mouvements alternatifs des planètes et les migrations des âmes.

Page 1