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IX. — ATABB. EAniS (Chapitre V, p

L'hymne homérique de Déméter se termine déjà par la double promesse que les initiés jouiront d'un sort privilégié dans l'Hadès ténébreux, et .qu'en cette vie ils seront comblés des biens de la terre (i). De même Socrate (2) rappelle les deux bienfaits que Déméter, au terme de ses courses errantes, accorda à î'Attique : l'agriculture, qui élève l'homme au-dessus des animaux, et les mystères, qui inspirent à ceux qui y participent « les . plus douces espérances pour la fin de leur vie et pour toute la durée du temps ». Cicéron, qui dans sa jeunesse avait reçu à Eleusis l'initiation (3), parle presque dans les mêmes ternies de ces mystères qui, en révélant à l'homme un degré supérieur de culture, lui ont donné, non seulement une raison de vivre dans la joie, mais aussi l'espoir d'une vie meilleure au moment de sa mort (4). Rohde a conjecturé (5) que cette annonce d'un destin bienheureux dans une autre vie comme bénéfice suprême de la participation aux cérémonies secrètes d'Eleusis, devait avoir été faite par l'hiérophante aux époptes, en d'autres termes que les expressions dont se servent Isocrate et Cicéron sont empruntées au rituel même des mystères, Hemsterhuis avait déjà exprimé une opinion semblable, que Lobeck (Aglaophamtts, p. 69, note b) repoussa dédaigneusement « quasi dicas hoc nostrum gute Hoffnung haben e libris sacris fluxisse ». Il est certain que l'expression àYaÔYjv èXirtSa lyzvi et d'autres analogues étaient employées couramment, comme notre « avoir bon espoir », et il serait aisé d'allonger la liste des exemples qu'en cite Lobeck (6). Mais le fait caractéristique est de trouver à Eleusis cette formule appliquée à la mort et à la vie future.

(1) Hymne à Déméter, 480 ss. : "OXStoi; oç xàS' ourcoitev S'rci5(^6ov(wv ovGptÛTtwv./ ô'ç S'àTE^Y;? Upwv, ô'c T'a[JLfiopo(; oô TTo6'ô(jLoîtov / attrav tjzi cp6îi;.£VG(; nep Onô Çôîftp EupG&Evxt. — 487 ; Mey' (/)i6ioç ô'vttv' ixsîvai irpoeppovÉax; (ffXwviai littj^oovfwv àvGpwicwv — Cf. Sophocle, fragm. 753, Nauck : ïp!i; oXStoi xeïvot ppottôv / ol xaùra Sspyâéwei; |j-ôXwc' è; "^8ou, toIç 8s y^P [Ji^votç Èxs'ï Ç-^v Ictt!, Toïi; S'aXXoiai iravT' Iy.z~. xaxa. Cf. Foucart, Mystères d'Eleusis, p. 362 ss.

(2) Isocrate, Panêg., 28 : Ar,|r/|i:poc ...Souar,? SwpEài; ShTotç tou; ts xapiroùi; o'î xoù [xï) DïjptwSwç vOv •^ij^àç a'ÎTTioi yEytJvacffiv v-nX Ttyi teXef/^v, ifi ol [iôxao^o'vcEç 'irepl te xy]; xou piou xe^euxtiç xal xoij a'j|j.iTavTOi; alwvoç ■fjSiou? xà<; èXit(8aç Ej^ouatv. Imité par Ailius Aristide, Eleusîn. I) 421, Dindorf : 'AXXà |at)v tÔ ye xîpSo; xfji; Ttav/jyôpEwç oû^ ocov ■?; uapoijffa EÙ6u[J.£a.., àXXà v-v. Ttsp! xr^<; teXeux'?]? fjSîou; e^eiv xàç ÈX7c[8a<;.

(3) Kern, R.E., s. v. « Mysterien », col. 1254.

(4) Cicéron, De leg.j II, 14, 36 : « Mihi cum multa eximia divinaque videntur Athenae... peperisse atque in vitam hominum attulisse, tum nihil melius istis mysteriis, quibus ex agresti "nmanique (ou animalique ? cf. Isocrate), vita exculti ad humanitatem mitigati sumus, initiaque, ut appellantur, ita rêvera principia vitae cognovimus, neque solum cum laetitia vivendi rationem accepimus, sed etiam cum spe meliore moriendi.

(5) Rohde, Psyché, tr. fr. p. 245.

^\°) Cf. p. ex. Lucien, J^era hist., II, 31 : Toûxou; (Ctésias et Hérodote) ôpwv Èyw ^(^pYjcrxài; E-yov ta;; iXittoa; (parce qu'il n'a pas menti comme eux). Jamblique, V. Pyth.., XVII, 74 ; '-ynlle, Contra lulîan., V. p. 163 E, et d'autres passages cités par Wyttenbach, Epistola critica super nonnuUis locis luliani imperatoris, 1769, p. 32. — Philon d'Alexandrie emploie à plusieurs

cpt'ises des formules comme èXi:;ç ypriQxr, e'n; awxrjpîav, IXnlt; ffwxTjpfaç, èXixtSEç âyaOat,

Un argument très convaincant, nous semble-t-il, peut être invoqué à l'appui de la suggestion de Rohde. Tout à la fin du paganisme Julien l'Apostat, étant étudiant à Athènes, se fit secrètement initier. Il eut des entretiens avec « le plus divin des hiérophantes » et il « absorba avidemment sa sagesse » (i). Il n'est pas surprenant que l'impression profonde que ces révélations durent produire sur son esprit mystique soit restée ineffaçable, et que le souvenir des paroles entendues à Eleusis lui soit lorsqu'il écrivait, revenu souvent à l'esprit. L'enseignement des mystères qui, imis dans la défense suprême d'une religion menacée, étaient alors animés d'un même esprit (2), se résumait pour le dernier empereur païen dans la perspective d'un bon esjOoîV pour le grand voyage posthume. C'est la grâce qu'il implore dans l'invocation qui termine son discours sur la Grande Mère (3), c'est la conviction qu'il exprime en rappelant que Mithra sera son guide, lorsqu'il devra quitter ce bas monde (4) et, s'adressant à Théodore, nommé par lui grand prêtre d'Asie, il lui rappelle que s'il exerce pieusement son sacerdoce, il fera naître beaucoup^ d'allégresse ici-bas et un espoir meilleur encore pour la vie future (5) — la ressemblance avec les termes dont se sert Cicéron est frappante.

Si l'origine de cette formule de l'àyaO-^ è^tcîc réservée aux mystes doit être cherchée dans la langue sacrée d'Eleusis, cet emploi liturgique nous permettra de mieux saisir la portée d'un passage du Phédon. Dans tout le développement auquel ce morceau appartient la philosophie est assimilée ou plutôt opposée à une initiation (6) : le sage qui en cette vie a affranchi son âme de toute sujétion au corps qui la souille, s'assure la béatitude future que les lustrations des mystères procurent à leurs adeptes. Ainsi la mort dont Socrate est menacé est pour lui un voyage rempli d'un « bon

sans toutefois qu'il s'agisse du salut dans une autre vie ; cf. l'index de Leisegang, t. VII, p. 243.

(1) Eunape, Vie des sofh., pp. 476, 16 ; 477, 41, Didot ; cf. Bidez. Vie de l'empereur Julien, 1930, p. 115 ss.

(2) Cf. nos Relig. Or., p. 189 ss.

(3) Julien, Orat., V, fin : AiSou to tou pîûu -reépai; a),uT:dv xz xa: eù3V.[p,oy fjiExà zr\c: àystO-^i; ôÀirtSoç ty); ÈTt'. xïi Ttap' diaSi; Ttopciaç.

(4) Césars, fin : AéStuxs xov Ttarépa MîOpav ÈTttYvwvat. au o'aùxou iGt'i èvxoXwv è'jç^ou, ireïa-p.5! v.ïl op[j.ov àfftpaXTÎ Çîôvxt aîaurfp TtapacjzeuiÇwv v,%\ ■i]v'.v.% av èvOévoî aKtsvxt Séyi jjLexà x'?ii; âyaQïiç èXitiSoç vcEjx'va 6eÔv EÙp.£v7i xaOîaxa; asauxw Une relation intime s'établit à cette date entre les mystères de Mithra et ceux d'Eleusis ; un Tcarrip xti; Miôptaxf,? TeXEXYJç devint même hiérophante, et Prétextât était à la fois sacratus Eleusiniis, hierophanta et pater patrnni de Mithra (CIL VI, 1778-9).

(5) Epist. 89, p. 452 C (= 124, 11 Bidez-Cumont) : S'j 8'el xaXûç aùxo (la grande-prêtrise) fj.£Ta/£toîffato, TToXX'rjv fxÈv eûcppoff'JvrjV 'îaôi èvxaùGa Ttaoé^wv, èXirESa 8s àyaô*^ v (jisiÇova eîc; xo (xsA- Xov (la suite prouve qu'il s'agit de la vie future) . — Cf. ibid., p. 298 D (= p. 139, 2) : Eu yàp 'lîOt [xeyâXaç vipv o\ Seo! \xzzx xr,-v xsXeutyiv èX.7:î8aç, ÈirayysXXovxai. Orat., VII, p. 233 D : Le Soleil s'adressant à Julien : 'AXX' 'i!6i, èW,, [i.£Tà àyaO-^; ÈXTt(8o; • ■i]\t.t1(; yàp aoi itwzy-joîj awriaôiie^^' Epist. 136 (= ,p. 196, 23 Bidez-Cumont) : Ceux qui fréquentent les temples ô'ttwi; xàç àyaflài; è),7rt8aç TTaoà QsCjv 3-êatw(Jotvxo.

(6) La comparaison est habituelle. Les platoniciens mirent en parallèle les actes successifs d^ la purification et de la révélation avec les progrès de la vertu et de l'instruction chez le sage» l'époptie étant assimilée à la vision la plus haute des choses divines. Cf. Théon de Smyrfi^i p. 14 Hiller ; Hermias, In Phaedr. 250 B (p. 178, éd. Couvreur) ; Olympiodore, In Phaed-, 165 (p. 121, 3 ss. Norvin) ; Plutarque, De prof, in virt. 10, p. 81 E.

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espoir », comme elle l'est pour quiconque s'y est préparé en purifiant sa pensée» (i). De même dans la République Platon parle du philosophe q^ui, ayant vécu une vie pure de toute injustice et impiété, la quittera saintement « avec un bel espoir » (2).

S'il y a, comme il paraît certain, dans ce.s paroles de Platon un souvenir des promesses éleusiniennes, transportées au trépas du sage, on est en droit de conclure que dans les mystères le bonheur posthume promis aux initiés était pareillement regardé comme assuré surtout par les purifications qui leur étaient imposées (3). Ces iustrations rituelles, en les débarrassant de toute souillure, écartaient d'eux les démons malfaisants (4), et par là même leur conciliaient la bienveillance des divinités qui devaient les accueillir dans le royaume des ombres, où ils retrouveraient des défunts, saints et purs comme eux-mêmes (5). Cette cathartique est l'acte sacramentel essentiel, dont dépend le salut du néophyte. Otto Kern a déjà fait observer que « si les rites expiatoires occupaient une grande place dans tous les mystères, il en était ainsi surtout dans ceux d'Eleusis ». (6).

On pourrait trouver un indice de l'origine éleusinienne de la formule qui nous occupe dans d'autres textes qui associent à l'idée de la mort celle d'un « bon espoir », car plus apparaîtra étendue la diffusion de cette expression dans la langue religieuse du paganisme, plus il sera probable qu'elle y a été introduite par ces antiques mystères qui fournirent le modèle d'après lequel beaucoup d'autres plus récents furent constitués ou réformés jusqu'à l'époque romaine (7). Nous pouvons invoquer encore

(1) Phêdon, 67 B : UoXXti è)vT:Î<; àcpixojj.ivtp 01 i^îù uopEuôfjiai, Ixeï Ixavax; Xf/^aanSat xoùxo, ou E'/exa -f) irpaYti-atsia •fjjj.tv iv xti) TtapsXOôvxt ^icf) yâyovev, âuxe -î) à7ioSi^[j.îa •?) vOv irpoaxaTxoiJiévY) liETà styaQTÎc; sXttîSoç ytveTxi, xac àXXtJ) avSpi ô'c ■^yeïxai o\ itapeuxeudtoQai xi^v Sidtvoiav tîx; •-'.s/a9app.£V7)v.

(2) Ré-publ., VI, 496 E : Kaôapôç àSixîaç xe xa; àvoalwv È'oywv xôv xs èvOâSî p'ov ptaxrexat •/.v. v^v à^xHay^v aùxoîj [;.£xà xaXYJç eXnrtSoc; 'iXeciç xz xa'. eij[/.ev^î aTcalX^^Exai. Cf. Hiéroclès, commentaire sur les derniers Vers Dorés (70-71) (Mullach, Fr. Phil. Gr. I : Toùxo (l'immortalité céleste) "reipa; xwv uôvwv xô xâXXtixov xoùto, Jji; DXâxcov cpvjalv, ô [iiya; àywv xa; èXir'ç yj (jieyaXv), TO'jTO otXoffooîaç TcXEfkaxo? xapTtôç. Cf. Plutarque, De iranquill. animi, fin (p. 477 E) : Ilpoç xô XoOT'jv "Xewv x/iV èXit'Sa xa; cpaiSpàv I'vovxeç.

(3) Sur ces Iustrations, cf. Foucart, op. cit., p. 57 ss. Elles sont figurées sur plusieurs basreliefs ; cf. Roussel B.C.H., 1930, LIV, p. 57 ss. et pi. II. Il ressort de ces représentations que le myste était purifié par l'eau (hydrie), par l'air (van) et par le feu (torches) exactement comme dans les mystères de Bacchus (c£. Symbol., p. 135 ss. et supra, p. 211, fig. 3). Les petits mystères sont Tcpoxâôapuit; xat irpoâyveuaiç xwv p,eyàXwv. Schol. Aristoph., Plutus, 846 ; cf. Roussel, /. c. [supra, p. 239J note 3], p. 65.

(4) Cf. Philostrate, V. A., IV 18 : L'hiérophante refuse d'initier Apollonius parce qu'il est un magicien et que, comme tel, il n'est pas xaOapcx; xà 8aipi.6vta, la magie faisant appel aux démons malfaisants.

(5) Plutarque, De anima, fr. VI, S (p. 725) : DEpuwv èuxscpavwfjevoî ôpytdcÇEt xac aûvsaxiv ooiot; xa; xaôxpoïç àvSpctcrt. Cf. Symbolisme, p. 475, n. 2. Les initiés sont par excellence « les purs » dans ce monde et dans l'autre, cf. Rohde, Psyché, tr. fr., p. 237 ,n. 2.

(6) Kern, R. E., s. v. « Mysterien », col. 1248, 38.

.(7) En Argolide, notamment à Phliunte (Pausan., II, 14, 1) et surtout en Arcadie, de vieilles divinités de la Terre furent assimilées à Déméter et leur culte rapproché des mystères

Eleusis (cf. Kern, /. c, col. 1269 ss.) ; mais pour ne pas remonter au-delà de l'époque a exandrine, nous rappellerons seulement l'intervention de l'Eumolpide Timothée dans la ■reforme du culte de Cybèle {Relig. orient, p. 223, n. 16, 17) et dans la fondation de celui

d'autres exemples de l'emploi de cette locution : Firmicus Maternus décrit une scène empruntée à des mystères, sans préciser lesquels (i) : après des lamentations nocturnes autour de la statue du dieu couchée sur une litière la lumière est apportée et le prêtre murmure : Sappetts fiûcTat toï5 Oeoù aEatoffjjiÉvou./l'ffTat y^p û[xTv h. irôvtov aiOTT^o'a. Cette formule liturgique paraît bien s'être inspirée des Vers Dorés pythagoriciens (63 ss.) : 'AXXà (î'j Oiouci i-Kil Oïïov yévoi; èffxt PpoxoTfffv... (j/u^-^v 3î tcôvwv aTto twvSs ffaiôast-. (Sur le TTÔvoç, cf. Symbol., pp. 422, 425 ss.). Firmicus Maternus (C. 24) la commente en ces termes : « Sacerdos... liberato deo suo bonam animam gerere socios fiduciam bojiae spei habere persuadet. » D'où l'on peut inférer que la bona spes équivaut pour lui au salut.

Porphyre enseigne dans son épitre à Marcella (2) que ce salut n'est obtenu que par la conversion à Dieu. Celui qui s'est épris d'amour pour Lui, doit nourrir son âme toute sa vie de « bons espoirs»; car c'est par eux que les hommes de bien l'emportent sur les méchants. Ces « bons espoirs » qui durent jusqu'à la fin de notre existence terrestre sont nécessairement ceux du bonheur dans l'au-delà.

Une curieuse épitaphe trouvée à Carnuntum (Dessau, 9093, cf. Symbol., p. 163) est gravée « coniugi incomparabili, quae dum explesset fati sui laborem, meliora sibi sferans, vitam functa est ». Nous y trouvons la même opposition que plus haut entre le tcôvo; ou labor et le « meilleur espoir » (3). L'auteur de l'inscription était probablement affilié aux mystères de Mithra : il parle en effet plus loin d'un enfant que « dii nefandi vita privaverunt », expression qui trahit l'influence du dualisme iranien (4).

L'sX-:; àyaSiri a pénétré jusque dans le judaïsme. Une épitaphe de Tell-el-Jahoudieh, en Egypte (5), est celle dune morte dont son destin a abrégé les jours, mais qui nourrit un « bon espoir » de la miséricorde divine.

Les exemples cités prouvent à l'évidence que si râyaOï) sXit(<; peut s'appliquer aux contingences de cette terre, elle est par excellence celle du bonheur dans l'autre vie.

Dans le même ordre d'idées, je citerai encore deux textes où la même espérance est exprimée, mais où l'épithète qui lui est adjointe n'est pas àyaôVi ou y-aX-rî, Une épi-

de Sérapis (Jbid., p. 232, n. 4 ; supra,ch. V, p. 260). Dans la communauté bachique de Terre Nova les titres de hiérophante et de dadouque, et peut-être celui Tcupcpôpoî, sont emjpruntés à la hiérarchie d'Eleusis {ci. A.]. Arch. 1933, XXXVII, p. 239 ss.).— Influence éleusienne dans la rédaction des Hymnes orphiques, composés vers l'an 200 de notre ère en Asie Mineure (sMpra, p. 247; cf. R.E., s. v. « Mysterien », col. 1251, 24 ss., et « Orphische Dichtung », col. 1330, 51 ss.). Lorsque le faux prophète Alexandre d'Abonotichos institua le mystère de Glykon, il imita la proclamation [■Kp6ppr,(j<.!;) de l'hiérophante dans la Stoa Poikilé et d'autres cérémonies d'Eleusis (Lucien, Pseudomantis, 38).

(1) Firmicus, De err. prof. rel. 22. On a rapporté cette formule à la veillée nocturne {fMnychis) du culte d'Attis, ou à celui d'Adonis (cf., p. ex. Dieterich, Mithras Liturgie 2, p. 217) 1 Loisy penche pour Osiris {op. cit. [p. 236] p, 102).

(2) Porph., Epist. ad Marc, 24 : Môvr) (jwtTipfa f] Trpo; xov 9eov È.7cicn;potp-/, èpasôévra S"î £)v7rt'atv àyaÔaTç" Tpécpeiv xT|V "I^/^tiv Sià toO ^fou ' èXirt(Tcv yàp àyaGaïc o\ àyaGoi tûv tpa'i/wv ÔTCEpïyovTai.

(3) « Spes melior », cf. supra, Cicéron, pp. 240, 242 et 401, note 4.

(4) Cf. Relig. orient., p. 278, n. S, et Hésychius : Ae-jaç (les dévas) xaxoùç ôeoùi; p.*Y°' Cf. Roscher s. v. « Dis pater » col. 1188, 22, appelé Vedius, « id est malus deus ».

(5) Edgar, Ann. du service des antiquités d'Egypte, 1922, XXII, p. 7 ss. : 'OXJyov Ç'»i5!" ypi^vov X£xpt(j.évov, àXÀi èXéou; èXuîSa àyaOT|V irpoaSîj^o^ai.

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taphe, trouvée à Lyon, (i), est consacrée « Bonae memoria et spei aeternae spirituique incomparabili ». Parlant de l'apparition des esprits des morts, Jamblique (2) assure que si ces spectres sont purs et appartiennent à l'ordre des anges, leur vue élève l'âme et la sauve. Cette épiphanie se produit « pour une espérance sacrée », et elle amène les biens auxquels aspire cette espérance ; les esprits impurs au contraire détruisent les fruits de cet espoir et, abaissant l'âme, clouent ceux qui les aperçoivent à leur corps.

Pour finir, mentionnons encore cette épitaphe chrétienne où l'espérance apparaît dans une formule qui dérive de celles qu'employait déjà le paganisme (CE. 2099, Aquitaine) : « Dulcis vita fuit tecum, comes anxia lucem / aeternam sperans, nanc cupit esse brevem. »

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