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X. — CONVENTICULES ORPHIQUES

(Chapitre V, p. 244).

L'existence même de ces conventiçules a été niée par certains érudits, en particulier par M. Boulanger, dans un article d'ailleurs très digne de considération (supra p. 244, n. i). La secte orphique, selon lui, aurait été formée « non de petites communautés, mais d'ascètes isolés. L'orphisme est une religion livresque qui procure le salut de l'âme par la pratique de l'ascétisme individuel ». Cf. dans le même sens Boyancé R. E. A. 1938, XL, p. 167. Mais cette opinion nous paraît être contredite implicitement par le plus ancien texte qui mentionne les orphiques, celui d'Hérodote, 11, 81, où parlant de l'interdiction d'ensevelir les morts dans des vêtements de laine, il affirme que l'usage orphique et bachique est en réalité égyptien et pythagoricien. De même suivant Diodore (i, 92, 3), dont la source est Hécatée d'Abdère, Orphée aurait imité les usages funéraires des Égyptiens. Il ressort au moins de ceci que les Orphiques avaient des coutumes funéraires spéciales, analogues aux cérémonies compliquées pratiquées lors du décès et de l'inhumation par les Pjrthagoriciens, qui les croyaient nécessaires au salut de l'âme {Symbol., p. 167, n. 2; cf. C. R. Acad. Inscr., 1943, P- 114 ss.). Conune le niort ne pouvait évidemment présider lui-même à ^es propres funérailles, il faut que ces rites orphiques aient été accomplis par les survivants de la même observance, ce qui suppose l'existence d'associations cultuelles soucieuses de réserver à leurs membres un enterrement religieux. Elles avaient même vraisemblablement des cimetières particuliers, comme les sectateurs de Bacchus ; cf. l'inscription de

(1) CIL. XIII, 1916 ; c£. Hirschfeld, , Kleitte Schriften, p. 173, n. 4. L'inscription a été déclarée chrétienne à tort, mais peut-être faut-il y reconnaître une influence chrétienne.

(2) Jamblique, De mysterits, II, 6 (p. 83 Parthey) : 'H twv ^'JJC'^v Géa xwv fAïv ày^pâvccov '-a'. Ev âyyi'Xujv xà^et ISpufjisvajv àvaYwydç èffxi xat 'l'^Yf? aojxr'ptoç èir' âXTrtot 8è lep^ Èv.cpaiveTa!, J'*- W Tj ïhz.i; lepà àvxnrotîÏTat àyaôûv xouxwv uapéysi xy.v Sdffiv, t) Ss xwv exéptov xaTaYcoyôc ^^'- rr|V ylvETiv uixxp-^ei, cp8s(pti 8î tooî xïjc; èX'n:(Soi; xàp-ïïo'ji; xai TtaôtÔv TtX'f|po'î upoaY)Xo'jvTWv xobi;

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Ctimes (v^ siècle), su-pra p. 252, fig. 6 ; Où 6s|xt; èvroOGa xeTcOat, []ù. (= d jx*^) t6v peêaxyeuuivov {Relig. orient, p. 197, fig. 12, et en général sur les Confréries d'ôfji'ÎTacfot, W. VoU. graff, L'inhumation en terre sacrée (Mém. sav. étrang., Acad. Inscr. 1946 ; cf, Wilamowitz, Studi ital. di filologia class., 1929, VIII, p. 89SS. — Découverte présumée d'un cimetière pythagoricien d'une centaine de tombes à Tarente, cf. "Wuilleumier Viarente, 1939, p. 548.

XI. — LAMELLES ORPHIQUES OU PYTHAGORICIENNES. (Chapitre V, p. 248)

L'origine orphique de ces lamelles d'or trouvées en Italie et en Crète, généralement admise jusque-là, a été contestée par Wilamowitz, Glaube der Hellenen, II, p. 202 ss.; et H. W. Thomas, 'E-reÉxEiva (Dissert, de Munich), 1938, a soutenu avec force que les auteurs de ces tablettes, qui les avaient déposées dans les tombeaux, étaient les membres d'une communauté pythagoricienne, cf. Bidez, Eôs, p. 158, n. i. De même Boulanger, o-p. cit. [swpra p.244, n. i], p. 71, regarde comme difficilement conciliable avec ce qu'on sait de l'orphisme la doctrine de l'au-delà que révèlent ces fragments d'un « Livre des morts ». D'autre part l'argumentation de Thomas n'a pas réussi à convaincre Boyancé R.E.A., 1942, XLIV, p. 211. La question a été reprise tout récemment (1942) par Ziegler {R.É., l. c. [p. 249] col. 1386 ss.) qui, considérant qu'il est vain de vouloir distinguer l'orphisme ancien du pythagorisme ancien, regarde ces lamelles et la communauté des xaôapoî de Thurium comme orphico-pythagoricienne, Cette opinion paraît être la plus vraisemblable. C'est tout ce qu'on peut affirmer, étant donné la grande pénurie de documents authentiques dont nous pouvons disposer sur les rapports de l'orphisme et du pythagorisme dans la Grande Grèce en général. Cf. Gianelli, Culti e miti délia Magna Grecia, Florence, 1924, p. 230 ss. ; E. Ciaceri, Storia délia Magna Grecia, II, 1927, p. 135 ss. Sur les circonstances de la découverte des lamelles de Thurium, rapprochées de 1' « obole de Charon », cf. Margherita Guarducci, Rendiconti Accad. -pont, romana d'archeol, 1939, XV, p. 87 ss. — La plupart des lamelles d'or sont de l'époque hellénistique, mais l'une d'elles paraît avoir été trouvée à Rome vers l'année 1899 dans une des tombes de la route d'Ostie et dater du ii« siècle de notre ère. Elle commence, comme celles de Thurium, par les mots : 'Ex xaOxpwv xaGapà, et on lit à la dernière ligne le nom romain KaixtXîa XcxouvSstv»; cf. Harrisson, Prolegomena to Greek religion, Cambridge, 1903, p. 673 ss. ; et M. Guarducci, l. c.

NOTES COMPLÉMENTAIRES (p. 260) AOl

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