XII. — MYSTÈRES DANS LES RELIGIONS ORIENTALES
(Chapitre V, p. 260).
Il est souvent difficile de préciser quand furent institués dans les cultes du Levant les mystères, tels que nous les trouvons organisés à l'époque romaine. Nous ajoutons ici quelques indications à celles qui sont réunies dans nos Religions Orientales.
1° Cultes d'Asie Mineure. — Cf. Relig. orient, p. 223, n. 17. — Un pcrTv^ptov d'Attis à Sardes, cf. Buckler et Robinson, Sardis, t. VII, n° 17. — Mystères célébrés àPanamara : Roussel, B.C.H., 1927, LI, p. 123 ss. — Les initiations au culte de la Magna Mater avaient lieu à Rome, le 28 mars, après les grandes fêtes de l'équinoxe ; Cf. Graillot, Cybèle, p. 175 ss.
2° Culte d'Isis et de Sérapis. — L'ancienne religion égyptienne connaît déjà des mystères d'Osiris à Abydos. Cf. Relig. or., p. 243, n. 98 ; Moret, Mystères égyptiens, 2^ éd., 1927; supra ch. V, p. 262. Dans les Mélanges Capart {Annuaire Institut d'Histoire Orientale III), Bruxelles, 1935, p. 316 ss., Moret a montré comment les anciens cultes agraires, avec leurs rites « naturels », ont évolué vers une religion morale de salut. Les « mystères » romains d'Isis et de Sérapis se rattachent probablement à l'ancien ésotérisme égyptien, mais on n'a pas de preuve directe de leur existence avant la période impériale ; cf. Relig. or. p. 232, n. 4. A l'époque hellénistique le mot jj-oîT-r^ptov n'apparaît pas, que nous sachions, dans les documents du culte isiaque ; cf. Roussel, R.E.G., 1929, XLII, p. 163 ss.; Brandy, Xlhe réception of the Egyptian cuits hy the Greeks, 330-30 B. C. (Univ. of Missouri Studies, X), Columbia, 1935. Les hymnes à Isis, découverts par Vogliano à Mâdinet-Mâdi dans le Fayoum, et qui datent de la fin de l'époque ptolémaïque, invoquent Isis comme la dispensatrice des biens de cette terre, mais non comme la donatrice d'une félicité d'outre-tombe (Vogliano, Primo rapporto degli scavi di Mâdinet-Mâdi (Pubblicazioni dell'Università di Milano), Milan, 1936 ; cf. R.A., 1936, VIII, p. 236.
3° Mystères Syriens. — Les premiers qui se répandirent dans le monde grec furent ceux d'Adonis {Rel. orient., p. 25g, n. 63 ; et Syria,i()\i, XXII, P.292SS.) ; et l'on pensait que le mort pouvait participer dans l'autre vie aux jeux du jeune dieu (CE., 1109, vers 22). — Des inscriptions importantes découvertes à Thouria en Messénie (Valmin, Bull. Société des Sciences de Lund, 1929, p. 24 ss.) mentionnent dès le 11^ ou, au plus tard, le i<='' siècle av. J.-C. des (i.'ja--rio!z de la déesse syrienne. Il se peut qu'ils aient subi l'influence des mvstères d'Andanie réformés au i^r siècle ; cf. Real-lex. f. Ant. tind Christ., p. 859, n. i. — Le « petit temple » de Baalbek, dit temple de Bacchus, aurait servi aux initiations d'après Seyrig, Syria, 1929, X, p. 354 ss. — Les mystères d'Aphrodite à Paphos sont en réalité ceux d'un culte sémitique, cf. Kern, R- B., s. V. « Mysterien », col. 1274. — Sur les mystères des théurges néoplatoniciens de Syrie, cf. supra, ch. VIII, Jamblique, p. 372 ss.
4° Mystères de Mithra. — Nous avons essayé en 1899 de montrer comment ils s'étaient constitués (M. M. M., I, p. 239), mais des recherches postérieures ont permis de préciser la part importante qu'eut dans leur formation l'influence grecque,; cf. M.ages hellénisés, I, p. 92 ss.; p. 98 ; II, p. 142 ss. Le symbolisme enseigné dans les spelaea romains remonte au temps des Mithradate du Pont. Cf. C.-R. Acad. Inscr., ^945) V- 418 ss.
408 LUX PERPETUA (pp. 191 et 197)