XVI. — LE DIBBOUK
(Chapitre VII, p. 341).
Les exégètes du judaïsme et les commentateurs de la Cabale ont tous, si je ne fais erreur, mis la superstition du Dibbouk en relation avec la doctrine de la métempsycose (cf. Jetvish Encyclof., s. v. « Dibbukim » et « Transmigration of soûls »). Mais celle-ci enseigne la réincarnation des âmes, soit immédiatement après la mort, soit après un intervalle, mais toujours dès la naissance de ceux qu'elles doivent animer (cf. su-pra, ch. IV, p. 198). Ces âmes viennent donner la vie à un nouveau-né. Le Dibbouk est la prise de possession d'une personne déjà vivante et d'un adulte pourvu d'une autre âme, que l'esprit du mort se soumet. L'idée est radicalement différente, et elle dérive d'une autre croyance antique, celle de la possession. Les témoignages sur les esprits des morts, qui envahissent les possédés, ont été réunis par Preisendanz, R.E. s. V. « Nekydaimon », col. 2265. Cette superstition apparaît notamment dans la grande conjuration judéo-grecque de Pibechès {Pafyr. mag. IV, 3007-3085). — Curtiss {of. cit. [swpra, p. 341, n. 3], trad. allem. Ursemitische Religion, p. 173, n. 5) cite le cas d'une femme qui fut exorcisée en Palestine d'un Dibbouk. Celui-ci était lame d'un juif qui avait été tué à Nablous, douze ans auparavant. La croyance juive a fourni le sujet d'un drame émouvant, qui a été représenté avec succès à Paris en 1927 et repris depuis (Am Ski, Le Dibbouk, version française de M. T. Koerner, Paris, 1927). "Lts communautés juives de l'Europe orientale ont ainsi conservé beaucoup de pratiques et de traditions qui remontent à Tantiquité.