XXVI. — SUR LA PUNITION DES REPROUVES
(Chapitre VIII, p. 371).
Porphyre dit dans le irspl STuyéc, probablement d'après Kronios le pythagoricien que « les tourments que subissent les coupables [inse-pulti et impies] viennent de leur ima-
nez-vous à trépassés » ? On leur remettait, qui une miche entière, qui un quignon de pain. Le tout était béni le dimanche suivant au cours de la messe, et vendu aux enchères à l'issue de la cérémonie, pour le produit être affecté à la célébration d'un Requiem : c'est du moins ce que mon père me racontait quand j'étais enfant. Il y a encore quelque intérêt à lire sur ces questions et sur les cérémonies des funérailles (infra N. C. XXXI), l'essai de Jean-Baptiste Thiers, De la sainteté de l'offrande du pain et du vin aux messes des morts, non confondus avec le pain et le vin qu'on portait sur les tombeaux, in 16°, Paris, 1781, à la suite du Traite des cloches.
NOTES COMPLEMENTAIRES (p. 371) 4*9
gination » (i). A rapprocher de l'enseignement des Vijnânavâdîns = CîUamâtravâdins, suivant lequel c'est par leurs propres actes, non par les démons, que les damnés sont poursuivis : les démons sont des hallucinations des damnés (La Vallée-Poussin, La morale bouddhique, Paris, 1927, p. 199)- — Us n'en sont pas moins réels, car Vacte est conçu comme une réalité objective, distincte de celui qui l'a produite : « C'est toi seul qui as fait ces mauvaises actions. Seul tu dois en manger le fruit ». (Majjhima, 3, 118, ibid. p. 195). « L'acte de personne ne périt : c'est le maître de l'acte qui le prend» (Suttanipâia, 666, ibid. p. 202). Ce qu'on nomme le destin (daiva)^ c'est Va.ct& ancien» [Bodhicarya, 8, 81 ; Yâjnavalkya, I, 348, ibid. p. 202). « L'acte poursuit celui qui l'a fait comme le veau cherche la vache » {Mahâbhârata, 12, 181, 16, ibid. p. 203). « Les êtres ont pour propriété leur acte, sont les héritiers de leur acte, ont pour matrice leur acte, ont pour parent et refuge leur acte » (Maffhima, 3, 203 ; Anguttara, 5, 288, ibid. p. 203).
C'est en un sens analogue que le Qoran dit que toute âme est l'otage (peut-être plutôt : le gage ou la caution) de ses actes {Qor. 52 ^\ 74*^)- Mais l'idée est pourtant assez différente. Selon le Qoran l'homme est récompensé pour ses bonnes actions, et puni pour ses mauvaises ; d'où certains théologiens de l'Islam tireront que la rétribution est immanente à l'acte ; cf. Wohayb ibn al Ward, mort en 153/770 (dans Massignon. Passion d'al Hallâf, p. 697) : « Le Paradis, c'est louer Dieu, savoir Dieu ; l'enfer, c'est pécher, se satisfaire de sa concupiscence ». Cf. dans le christianisme, Julienne de Norwich, Révélations of divine Love, ch. 76 (trad. Meunier, 1910, p. 328) : « Pour l'âme qui voit la bonté de notre Seigneur Jésus, il n'y a selon moi d'autre enfer que le péché » ; et Ruysbroeck, Se-pt degrés, ch. 12 {Œuvres, trad. des Bénédictins d'Oosterhout, t. I, p. 249) : « l'amour vit de soi, et est à soi-même sa propre récompense». Dans le monde indo-iranien au contraire l'acte est objectif, extérieur, on dirait presque transcendant à son auteur, qui en devient le prisonnier et la victime, tel Oreste en proie aux Furies à la fin des Choé-phores : v. 1053 : oûx zW: Sô|at twvSs irTipLâTijùv i\in'\.. V. 1061 : u[XgÎ<; |i.Èv 0Ù7 ôpxxe xàffS'- Èyw 8'ôpw. Dans le même esprit il est dit dans VAsclefius 28 (C. H. II, Nock-Festugière, p. 335) : -praescia etenim omnium rerum divinitate reddentur, -perinde ut sunt, pro delictoruni qualitatibus poenae. [L. C.].