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CIL, VI, 10234 = Dessau

3. Saint Jérôme, Efist. aâ Pammachîum, LXVI, 5 (P. L., XXII, p. 642) ; Sulpice Sévère, Dial., III, 18 (P. L., XX, 222) ; Prudence, Cathem., X, i6g ; Ambroise, De obitu Valent. Cons., 56 (P. L., XVI, p. 1376).

des fleurs pourprées, et elle demeura persuadée qu'un être aimé obtenait par ces soins quelque réconfort. Si une orthodoxie rigoureuse le niait, elle admettait au moins que les vivants pussent ainsi chercher quelque allégement à leur chagrin.

L'oblation funéraire de fleurs était souvent conjuguée avec celle d'aromates, parfumés comme elles ' . L'une et l'autre furent empruntées par les Romains à l'Orient hellénique, mais pour celle-ci Pline nous fournit des précisions qui manquent pour celle-là^. C'est seulement au temps des successeurs d'Alexandre que se répandit en Italie l'usage immodéré des parfums, dont les anciens Perses avaient donné les premiers l'exemple. Après la défaite d'Antiochus de Syrie, en 190, l'engoûment pour cette mode coûteuse devint tel que les censeurs interdirent dans leur édit la vente des unguenta exotica '. Mais la passion pour ce plaisir olfactif triompha de la sévérité des gardiens de la morale. Ce geni'e de volupté fut admis — ce sont les paroles de Pline * — « parmi les biens de la vie les plus appréciés et les plus distingués et l'on commença à honorer ainsi les morts ». En particulier l'encens était employé, comme en Orient, aussi bien dans le culte funéraire que dans celui des temples " . Bientôt les familles opulentes rivalisèrent de munificence dans la recherche des produits les plus rares de pays lointains pour des funérailles fastueuses. Les grains d'encens qu'on réservait aux divinités étaient peu de chose à côté des monceaux d'essences dépensées en pure perte à l'occasion des obsèques sur toute l'étendue de l'empire". Lorsque, dans le cortège pompeux qui conduisit Hérode à sa dernière demeure, cinq cents esclaves porteurs d'aromates accompagnèrent le corps étendu sur la couche mortuaire, on reproduisit pour ce principe hellénisant un genre d'offrande déjà habituel pour les rois de Juda ' un millier d'années auparavant, mais qui était devenu commun à tout le monde romain. La profusion ne fut guère moindre aux funérailles de Sylla qu'à celles d'Hérode^ et elle fut

1. Stace, Silves, II, i, 156 ss. j V, i, 210 avec les notes de Vollmer j Lattimore, p. ia8 ss.j 133 s.

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